Le jour de honte du celtic

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Le 8 février 2000, le Celtic connait en Coupe d’Ecosse la pire humiliation de son histoire. Il est battu à domicile par une équipe de D2, Inverness Caledonian Thistle, club fraîchement créé qui ne pouvait rêver plus beau match fondateur.

« Supercaley go ballistic, Celtic are atrocious ». Plus que par la stupeur que provoqua l’évènement, c’est bien le titre hilarant qu’un tabloïd écossais s’offrit le lendemain qui fit entrer le match dans l’histoire. Inspiré par la célèbre chanson de Mary Poppins, ce titre a assuré à son auteur une gloire éternelle. Autant que celui qui dix ans plus tôt avait résumé la défaite de l’équipe d’Ecosse face au Costa Rica : « Battus par une marque de café… ». Ce 8 février 2000, le Celtic, battu sur son terrain par Inverness Caledonian Thistle, vient de connaitre, pour la première fois depuis 103 ans, la défaite face à un club de division inférieure. A quelques mois près, il aurait pu finir le vingtième siècle sans connaître cette humiliation…

La saison 1999-2000 du Celtic n’a pourtant pas trop mal commencée. L’équipe pratique un football offensif digne de la plus belle époque, mais un match de Coupe UEFA contre l’Olympique Lyonnais, brise l’élan. Son suédois Henrik Larsson en sort avec une sale blessure (le ralenti, proprement effrayant, a fait le tour du monde) et son indisponibilité va sérieusement entamer le rendement des Bhoys. Si bien qu’arrivée la période des fêtes, les verts et blancs se retrouvent à une dizaine de longueurs de leurs voisins d’en face, ce qui n’est bien sûr pas du goût des supporters.

En fait, privée de Larsson, l’équipe du Celtic redevient une équipe assez banale. Le club préfère investir dans la construction du nouveau stade et le recrutement s’en ressent : des joueurs un peu usés (Tom Boyd, Paul Lambert…), des Anglais un peu périmés (Tommy Johnson, Ian Wright…) et des mercenaires étrangers un peu surestimés, où seul Lubomir Moravcik parvient à faire jaillir une étincelle. Le coach en outre ne fait pas vraiment l’unanimité. John Barnes, ancienne gloire de Liverpool, a acquit le poste grâce à ses relations privilégiées avec Kenny Dalglish, devenu un dirigeant influent du club. L’ancien international anglais n’a aucune expérience d’entraîneur et débute dans un climat un peu spécial. Les supporters n’ont jamais digéré le licenciement de Wim Jansen, l’homme qui entre autres avait fait venir Larsson, et emmené l’équipe au titre de 1998. Le Danois avait aussitôt été viré pour s’être montré trop gourmand dans ses projets de recrutement. Jozef Venglos lui a succédé sans vraiment le remplacer. Puis est arrivé John Barnes.

Autre motif de la grogne des supporters, les maillots portés pas les Bhoys les années précédentes. Le Celtic a successivement eu un maillot blanc avec trois grosses rayures vertes, franchement laid, puis un maillot un peu plus joli, mais qui mixait les rayures de largeur traditionnelles avec de très fines rayures, un style loin du look Celtic. Autant ne pas parler des maillots away, tout simplement ratés et impossibles à décrire tellement ils sont… particuliers. Un tel ratage esthétique que le business de ces maillots fut un flop.

La saison 1999-2000 est donc une saison ratée, le Celtic terminant deuxième du championnat. Mais elle va prendre une tournure catastrophique avec cette rencontre du troisième tour de la Scottish Cup contre Inverness, équipe de milieu de tableau de D2 à l’époque. Le match se déroule à Celtic Park et la qualification ne fait aucun doute dans les esprits. Mais dans un stade à moitié vide, Caley va tout simplement humilier les Bhoys. Il n’y eut de suspense que sept minutes exactement, Mark Burchill répondant à l’ouverture du score de Barry Wilson. Dès le but contre son camp d’un Lubo Moravcik très nerveux ce soir là, Inverness domina tactiquement le match pour le plier à l’heure de jeu avec un penalty de Paul Sheerin. 3-1 pour les visiteurs, cela aurait pu être 4 ou 5-1 tellement le Celtic a mal joué. La faute à qui ? Aux joueurs de Caley certainement, mais aussi et surtout à John Barnes qui avait annoncé la veille du match la tactique que ses joueurs allaient employer… Pas très malin, et un peu prétentieux, non ?

Le lendemain de la débâcle, la conférence de presse est aussi triste que le match. Barnes et Dalglish affichent la mine des mauvais jours, pour la plus grande joie de la presse locale où circule déjà le titre que l’on sait. Dans les jours qui suivent, Barnes est viré. On ne le retrouvera même plus sur un banc. Le temps de trouver un autre coach, c’est à Dalglish que l’on demande de diriger l’équipe. Il s’en chargera tant bien que mal, jusqu’à l’arrivée du nouvel entraîneur. Un certain Martin O’Neill…

– Celtic : Gould ; Boud, Riseth, Tébily, Mahé, Blinker, Healy, Berkovic, Moravcik, Viduka (Wright), Burchill.

– Inverness CT : Calder ; Teasdale, Golabek, Mann, Hastings, Sheerin, Tokely (Byers), McCulloch, Wilson (Glancy), Christie, Wyness (Bavidge).

Soixante-sept, année Celtic

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Le 25 mai 1967, un vent de folie s’empare de la Coupe d’Europe de foot. Le Celtic Glasgow est le premier club britannique à accéder en finale de l’épreuve reine des clubs, longtemps dominée par les clubs du Sud. Les hommes de Jock Stein ne ratent pas l’aubaine et s’imposent face au catenaccio de l’Inter Milan.

Depuis sa création, la Coupe d’Europe de Football (la vraie, la C1, celle des Champions) est dominée par les clubs latins. Après le règne initial du Real Madrid, qui fit main basse sur les cinq premières éditions, les finales ont été remportées par Benfica, Milan AC et l’Inter, et leurs opposants se nommaient le Stade de Reims, la Fiorentina et le Partizan Belgrade. Seul l’Entracht de Francfort, parmi les clubs du Nord, parvint à se hisser en finale, pour y prendre un 7-3 d’anthologie face au Real.

Les clubs britanniques, s’ils n’ont pas encore accédé à la finale, n’en sont pas moins actifs. Manchester United, notamment, rivalisait déjà avec le Real Madrid avant que le destin ne s’en mêle, un triste après-midi sur l’aéroport enneigé de Munich. Tottenham et Liverpool sont également parvenus jusqu’en demi-finale, de même que Hibernian, les Glasgow Rangers et Dundee United. Le Celtic, en 1967, est la première équipe de Grande Bretagne à accéder au match ultime, un exploit d’autant plus remarquable qu’il participe pour la première fois à l’épreuve [1]. Les Bhoys de Jock Stein dévastent à peu près tout sur leur passage : Le FC Zurich, le FC Nantes, Vojvodina Novi Sad et le Dukla Prague ne peuvent s’opposer à la marche des Celts.

La finale se déroule au stade de la Luz à Lisbonne le 25 mai 1967. Le Celtic est loin d’être favori. Face à lui se dresse l’Inter Milan, une machine à gagner réglée par Helenio Herrera et basée sur une tactique aussi novatrice que décriée, le catenaccio. Défense renforcée et contre-attaques rapides, c’est la recette qui a permis aux nerazzuris d’empocher deux fois déjà (1964, 1965) la Coupe des Champions. Le Celtic a pourtant les faveurs d’une grande partie de l’Europe, lassée par la froideur mécanique de l’Inter. Nombreux sont ceux qui souhaitent la défaite des « vilains » Italiens face aux « gentils » Ecossais. On ne résiste pas au plaisir d’énoncer la composition de l’équipe écossaise, tous les joueurs étant nés à moins de 50 miles de Glasgow : Simpson – Graig, McNeil, Gemmel – Murdoch, Clarke – Johnstone, Wallace, Chalmers, Auld, Lennox. Cette équipe, à qui Jock Stein a donné une préparation moderne basée sur l’étude minutieuse de l’adversaire, se donne un supplément d’âme. La veille des grandes rencontres européennes, les joueurs se retrouvent lors de longues balades dans la nature, et passent même une partie de la nuit précédant cette finale à errer, perdus, dans la campagne avoisinante. Aucun des Lions de Lisbonne n’a jamais confié ce qu’ils se disaient dans ces moments-là.

Comme Jimmy Johnstone le rappela bien des années plus tard, le contraste entre cette bande dépareillée et les top models italiens est saisissant : « Nous devions avoir l’air d’être sortis du cirque ». L’étonnement des joueurs de l’Inter devait être à son comble lorsque la clique de Glasgow entonne dans le vestiaire la fameuse Celtic Song. Mais d’entrée, les favoris transalpins prennent le match à leur compte. Huit minutes après le coup d’envoi, l’avant-centre italien Capellini entre dans la surface de Simpson et s’écroule emphatiquement sous la charge de Craig. L’arbitre allemand Mr Tschenscher offre le pénalty aux Milanais, que Sandro Mazzola transforme sans état d’âme. On redoute alors d’assister à une finale ennuyeuse. Rien n’est plus difficile à bouger qu’un Inter menant au score. Les hommes de Helenio Herrera se regroupent alors en défense et contiennent les assauts du Celtic.

Mais contrairement à ce que l’on attendait, l’Inter n’est pas aussi sûr qu’à son habitude. Le mètre cinquante-deux de Jimmy Johnstone, petit ailier rouquin rapide et teigneux, gène considérablement le mètre quatre-vingt-six de Giacinto Facchetti, élégant défenseur de l’Inter. Les Nerrazzuris cèdent souvent à la panique, dégagent en tribune, se plaignent auprès de l’arbitre. A la mi-temps, on se dit que le Celtic a probablement un coup à jouer, d’autant qu’il a pris confiance.

A l’heure de jeu, ce que les détracteurs de l’Inter espéraient arrive enfin. Tommy Gemmel, le défenseur monté aux avant-postes, déclenche de vingt mètres une lourde frappe qui fait mouche. La partie a définitivement basculé du coté écossais, mais la conclusion se fait attendre. A cinq minutes de la fin, les joueurs du Celtic roulent la défense milanaise dans la farine en développant une action collective d’école, qui se conclut par un tir victorieux de Chalmers, reprenant une frappe du même Gemmel. La Coupe des Clubs champions appartient désormais au Celtic. Bill Shankly, invité prestigieux à Lisbonne, se surpasse en déclarant à Stein : « John, tu es immortel », tandis que le mot de la fin revient à Herrera, beau joueur : « Nous avons perdu, mais ce match fut une victoire pour le sport. » Autres temps, autres mœurs, les milliers de supporteurs du Celtic venus par tous les moyens jusqu’à Lisbonne envahissent le terrain, arborant le drapeau tricolore irlandais.

Cette victoire s’inscrit comme l’apothéose d’une formidable saison pour le Celtic, qui a fait preuve d’une boulimie exceptionelle. En championnat, il remporte son deuxième titre consécutif avec un impressionnant tableau de marche : 58 points sur 68 possibles, 111 buts inscrits [2], et le titre de meilleur buteur pour Chalmers avec 21 buts. Les Verts et Blancs ont également remporté la Coupe d’Ecosse contre Aberdeen (2-0, deux buts de Wallace) dans un Hampden Park garni de cent trente mille spectateurs, sans oublier au passage, la Coupe de la League chipée au nez et à la barbe des Rangers (1-0, but de Bobby Lennox) et la Glasgow Cup.

Pour compléter le tableau, on peut ajouter que quatre joueurs du Celtic furent de l’équipe d’Ecosse qui infligea début avril à Wembley une défaite 2-3 à l’Angleterre championne du monde. Parmi ces quatre Bhoys, le gardien Ronnie Simpson, ancien gardien de Newcastle, qui aura connu à trente-six ans sa première sélection et remporté sa première Coupe d’Europe.

P.-S.
[1] Le Celtic a participé à la Coupe des Coupes en 1964 et en 1966, tombant à chaque fois en demi-finale. Il a également participé à la Fairs Cup (ex-Coupe UEFA) en 1963 (éliminé au premier tour) et en 1965 (seizièmes de finale).

[2] C’est toutefois loin du record d’Heart Of Midlothian en 1958 avec 132 réalisations.

Victoire contre Manchester United, le 21 novembre 2006

Celtic Glasgow – Manchester United : 1-0

21 novembre 2006, Celtic Park, 20h45 (60’632 spectateurs)

Arbitre : Manuel Mejuto González (ESP)

Un merveilleux coup-franc du milieu de terrain japonais du Celtic Shunsuke Nakamura, a donné une victoire inattendue pour les hommes de Gordon Strachan contre Manchester United (1-0) et leur permet de se qualifier pour la seconde phase de Champions League.

Manchester commence fort !

Les hommes de Sir Alex Ferguson ont dominé la première demi-heure de ce derby britannique en vain. Ce ne fut qu’à la 35e minute que Cristiano Ronaldo adressa un tir à raz de terre bien arrêté par le portier polonais de Celtic Boruc.

Celtic Glasgow ne se créa sa première occasion qu’à la 38e minute, quand Gravesen adressa une tête en direction du goal du portier mancunien Van der Sar, mais l’attaquant néerlandais Jan Vennegoor van Hesselink ne fut pas assez prompt pour tirer et offrir le premier but à son équipe

Glasgow reprend le dessus !

Après la pause, Strachan apporta des changements tactiques en remplaçant le jeune milieu de terrain néerlandais Evander Sno (19 ans) et l’attaquant polonais Maciej Zurawski par l’attaquant écossais Shaun Maloney et le milieu offensif tchèque Jiri Jarosik. Ces changements se révélèrent payants et permirent au club écossais de reprendre le dessus par rapport à la première période. Gravesen adressa d’abord un tir puissant de près de 30 mètres (50e), puis Nakamura lui aussi décocha un shoot (65e). Ces deux opportunités forcèrent le portier mancunien Van der Sar à des arrêts décisifs.

Sachant qu’un match nul suffisait pour se qualifier pour la seconde phase de Champions League, United joua la seconde période en resserrant un peu le frein par rapport à la domination des premières 45 minutes. Rooney eut l’occasion la plus nette, par un tir au-dessus de la barre du portier écossais Boruc.

Le Celtic Park en ébullition !

Finalement, le meneur de jeu japonais de Celtic Nakamura eut une grande inspiration, en frappant magnifiquement un coup-franc de près de 30 mètres, qui atterrit en pleine lucarne du portier mancunien Van der Sar (81e, 1-0 pour Celtic Glasgow). Ce but suscita une grande liesse parmi les 60’000 spectateurs du Celtic Park. Manchester eut l’occasion d’égaliser sur un penalty, tiré par Saha et stoppé par Boruc (91e).

Avec cette défaite contre le Celtic Glasgow (0-1), Manchester connaît une nouvelle désillusion européenne, après la surprenante défaite contre Kobenhavn (0-1). Les hommes de Ferguson devront décrocher leur qualification lors de leur dernier match contre les Portugais de Benfica. Les Ecossais, actuellement leader de la Scottish Premier League, ont décroché pour la première fois, après quatre campagnes en Champions League, leur ticket pour la seconde phase de cette compétition.

La fiche du match

Celtic Glasgow

Boruc, Telfer, Balde, McManus, Naylor, Nakamura (Miller-85e), Gravesen, Lennon, Sno (Jarosik-46e), Vennegoor of Hesselink, Zurawski (Maloney-46e). Joueurs non utilisés : Marshall, Wilson, McGeady, O’Dea. Joueurs avertis : McManus, Gravesen, Lennon. Buteur : Nakamura (81e)

Manchester United

Van der Sar, Neville, Ferdinand, Vidic, Heinze (Evra-87e), Ronaldo, Carrick (O’Shea-87e), Scholes, Giggs, Saha, Rooney. Joueurs non utilisés : Kuszczak, Brown, Richardson, Fletcher, Silvestre. Joueur averti : Scholes.

Déclarations d’après-match :

Gordon Strachan, manager de Celtic Glasgow

« Je ne le crois pas, je devrais vérifier demain matin pour être vraiment sûr. C’est un soulagement de parvenir en seconde phase de Champions League. Nous sommes très fatigués et émus actuellement. Nous n’avons pas été dans le match dans la première demi-heures, mais nous n’avons pas trop gaspillé d’occasions »

Sir Alex Ferguson, manager de Manchester United

« Pour être honnête, perdre ce match est difficile à encaisser. Nous n’avons pas été actifs en attaque et c’est ce qui peut survenir dans le football, si on ne saisit pas les opportunités. C’est décevant, car nous avons perdu sans marquer des buts, qui nous auraient permis de remporter la victoire ».

Le titre 2007

Le Celtic Glasgow a décroché dimanche son cinquième titre de champion d’Ecosse en sept ans après sa victoire in extremis 2-1 devant le Kilmarnock au Rugby Park, grâce à Shunsuke Nakamura son attaquant japonais. Cela faisait quelques semaines maintenant que les supporters des Bhoys attendaient l’officialisation du sacre.

Merci Nakamura

L’équipe de Gordan Strachan devait abslument l’emporter pour être sacré champion, mais une fois de plus l’équipe de Glasgow semblait crispée par l’enjeu. D’ailleurs après l’égalisation de Kilmarnock, on se dirigeait tout droit vers un nul qui aurait retardé le sacre. Mais le Japonais Nakamura déjà décisif à de nombreuse reprises cette saison, allait délivrer son équipe en inscrivant un but à la dernière minute du jeu. Alors que l’espoir n’était plus qu’infime, le milieu japonais Nakamura, qui devait être élu joueur de l’année par ses collègues écossais, en soirée à Glasgow, faisait mouche sur un coup franc à 22 mètres et déchaînait la joie des supporteurs et celle de son entraîneur qui jubilait : « J’ai de la chance de compter un génie dans mon effectif » déclarait Gordon Strachan à l’issue de la rencontre. « Son talent est un don du ciel », s’est réjoui son capitaine Neil Lennon pour uefa.com. « Kilmarnock nous a rendu la tâche difficile mais quand vous disposez d’un joueur aussi talentueux vous pouvez toujours faire la différence et une fois encore Naka a su s’employer au bon moment. »

Strachan peut souffler

En début de saison, on s’attendait à un championnat serré entre le Celtic et son rival de toujours les Rangers. Ces derniers fondaient beaucoup d’espoir sur l’arrivée du coach français Paul Le Guen. Outre les mauvais résultats sportifs, l’absence de budget significatif pour recruter lors de la période des transferts de janvier aurait été une autre pierre d’achoppement. Et la mayonnaise a Ibrox Park n’ayant jamais prise, le chemin du Celtic Glasgow pouvait être un long fleuve tranquille. D’autant que l’autre club suceptible d’inquieter les Bhoys, Heart of Midlothian était englué dans ses conflits internes qui plombent sa progression d’année en année malgré la volonté de son président lituanien Vladimir Romanov de détrôner le Old Firm. : « C’est la meilleure équipe qui a été sacrée. Il y a une différence entre les meilleures individualités et les meilleures formations. Mes joueurs ne supportent pas la défaite, c’est tout. » En effet, ils ne se sont inclinés qu’à trois reprises cette saison en championnat, sur le chemin du 41e titre du club, soit 10 de moins que les Rangers et pourraient réaliser le doublé s’ils venaient à battre Hibernian ou Dumferline en finale de la Scottish Cup. A noter toutefois que rien n’a été facile car sur les 25 victoires que comptent le club en championnat, 17 ont été acquises sur la plus petite des marges.

Une belle saison

De son côté le président du club pouvait se montrer satisfait d’avoir convaincu Gordon Strachan de prendre la direction de l’équipe : « C’est sans aucun doute notre meilleure saison de ces 30 ou 40 dernières années », s’est félicité le président dont l’équipe s’est pour la première fois hissée en 8e de finale de la Ligue des Champions dont elle a été éliminée après prolongations à San Siro. « Notre défi était de trouver un successeur à Martin O’Neill, capable de porter haut le nom et la réputation du Celtic. Nous avons trouvé cet homme : Gordon Strachan », a-t-il poursuivi. Un brillant hommage quand on connait le parcous de Martin O’Neill sur le banc des Bhoys.

Victoire 7-1 contre les Rangers, le 19 octobre 1957

Par Kicknrush,

Le 19 octobre 1957, un magnifique soleil brille sur Glasgow et illumine Hampden Park, où le Celtic joue le plus beau match de son histoire. Les Rangers sont écrasés 7-1. Oh ! Hampden in the sun…

Le Celtic Glasgow a connu son sommet sportif en mai 1967, en remportant la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Mais cette Big Cup, les Bhoys ne l’ont pas conquise aux dépens des Glasgow Rangers et c’est peut-être ce qui manque pour faire de Lisbonne le match référence de l’histoire du club. Si un tel match a existé, il faut sans doute remonter dix ans plus tôt pour en trouver trace. Par un bel après-midi d’octobre à Glasgow, le Celtic écrasa ses rivaux sur le plus gros score jamais vu entre les deux équipes : 7-1.

La finale de la League Cup écossaise se dispute à l’époque dans les premiers mois de la saison. Cette épreuve a été créée à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale lors de la reprise des compétitions. Bien que le Celtic soit le tenant du trophée (les Bhoys avaient battu Partick Thistle 3-0), ce sont bien les Rangers qui sont favoris de cette finale de 1957. Le club d’Ibrox domine alors le foot écossais. Depuis la reprise du championnat, il en est à six titres de champions et autant de Coupes diverses alors que dans le même temps, le Celtic n’a remporté qu’un titre et trois Coupes, avec un doublé en 1954. Pas mal certes, mais beaucoup moins bien que les Rangers. Et même que Hibernian.

Le 19 octobre 1957, un soleil rare donne un aspect un peu irréel à cette après-midi glaswegian. 82.293 spectateurs ont prit place dans les tribunes de Hampden Park. C’est la première fois que la finale de la League Cup oppose les deux rivaux. Le Celtic de Jimmy McGrory n’a rien à perdre et attaque la partie tambour battant. Il se crée deux occasions nettes qui indiquent que les Rangers ne sont sans doute pas dans un bon jour. Les Bhoys doivent toutefois attendre la vingt-troisième minute pour ouvrir le score. Sammy Wilson, récent transfuge de Saint Mirren, exploite une remise de la tête de Charlie Tully et trompe George Niven.

Les Rangers, on l’a dit, ne sont pas dans un grand jour. Ils cherchent bien à égaliser mais leurs attaques sont tuées dans l’oeuf par l’abnégation des joueurs du Celtic. Ce sont même ces derniers qui trouvent l’ouverture juste avant la pause. Sur son aile gauche, Neil Mochan déboule, se joue du capitaine des Gers Bobby Shearer et envoie un terrible tir du gauche dans la cage de Niven. De 2-0 à la mi-temps, le score passe à 3-0 huit minutes après le retour des joueurs sur le terrain. Des quarante mètres, Bobby Collins envoie un ballon dans la surface où l’avant-centre Billy McPhail s’élève plus haut que tout le monde. Il reprend de la tête et trompe le gardien des Rangers qui s’était aventuré à sa rencontre.

A l’heure de jeu, les Rangers s’extirpent de leur effroi et parviennent à réduire l’écart sur une tête de l’attaquant nord-Irlandais Billy Simpson. Il reste une demi-heure à jouer, suffisamment de temps pour songer à une éventuelle remontée au score. Mais au contraire, ce but des Gers semble avoir le don de galvaniser les Bhoys. Dix minutes plus tard, Billy McPhail reprend de la tête un corner botté de la gauche par Mochan. Le gardien repousse le ballon mais celui-ci est repris par l’avant-centre du Celtic qui inscrit son deuxième but de l’après midi.

Il reste un quart d’heure à jouer, mais rien ne semble arrêter le Celtic. Posté sur l’aile droite, Sammy Wilson centre par dessus les défenseurs aux abois. Le ballon arrive dans les pieds de Neil Mochan, démarqué au second poteau. L’ailier gauche du Celtic se fait plaisir en exécutant une reprise de volée d’école qui fait mouche. Dans les tribunes, coté Rangers, la défaite commence à tourner à l’humiliation et les esprits s’échauffent. Certains fans se lèvent pour quitter le stade. D’autres répondent violemment aux provocations des fans adverses, ce qui oblige la police à intervenir. Sur le terrain pendant ce temps, Billy McPhail ajoute son troisième but de l’après-midi. Il aurait pu en inscrire un quatrième lorsque, à la toute dernière minute, M.Mowatt accorda un penalty. Mais le héros de l’après-midi préféra laisser au défenseur Willie Fernie le soin d’inscrire le septième but.

Sept buts ! Et encore les Bhoys ont-ils frappé le poteau à quatre reprises… C’est le plus gros score de la finale d’une compétition majeure en Grande Bretagne. C’est le plus gros écart jamais enregistré entre Celtic et Rangers. C’est la plus grosse défaite de l’histoire des Rangers. Le lendemain, la presse s’extasie devant l’exploit : « Une formidable exhibition de football » selon le Times, « La révolution d’Octobre » pour le Sunday Post. Ce dernier insiste beaucoup sur la contre-performance de John Valentine, le défenseur central des Rangers, coupable d’avoir plus d’une fois semé la panique dans ses rangs. Ce que confirme Bobby Collins, le milieu de terrain du Celtic, faisant état de plusieurs mésententes entre Valentine et son gardien Niven.

Depuis le début de l’été, les postes de radio diffusaient cette chanson de Harry Belafonte, « Island in the Sun » tirée du film du même nom. Les fans du Celtic s’emparèrent du morceau et réinventèrent les lyrics. Cela devint « Hampden in the sun », une chanson entrée dans le répertoire des chants du Celtic. « Hampden in the sun » est également le titre d’un copieux livre relatant le match. Aujourd’hui, l’expression suffit à elle seule à rappeler cette belle après-midi d’octobre à Glasgow.

Le titre 2006

Par Kicknrush.com,

Le Celtic Premier d’Ecosse, évidemment… Grâce à leur victoire décisive face à Hearts (1-0), les Bhoys de Gordon Strachan sont déjà certains de remporter le quarantième titre de champion d’Ecosse de leur histoire. Au terme d’une saison somme toute tranquille.

Le couac de Motherwell [1] avait été si insupportable que les Bhoys ne voulaient pas revivre çà. Pour obtenir le quarantième titre de son histoire, le Celtic a préféré prendre suffisamment d’avance pour pouvoir disputer les dernières rencontres de SPL en roue libre. La saison fut un tel cavalier seul qu’on en oublie qu’elle avait démarré dans une certaine inquiétude : Au coeur du mois d’aout, en phase préliminaire de la Ligue des Champions, le Celtic était revenu de Bratislava avec un 0-5 dans les valises concédé devant un club dont il connaissait tout juste le nom, Artmedia Bratislava. Difficile entrée en matière pour le manager Gordon Strachan, appelé à la (difficile) succession de Martin O’Neill. Le match retour, remporté 4-0 par les Bhoys, s’il n’empèche pas le club d’être privé de Coupe d’Europe pour toute la saison, rassure au moins sur les capacités de l’équipe.

Le championnat ne démarre toutefois pas non plus sur les meilleures bases. Il faut dire que le classement est dominé par une surprenante équipe de Heart of Midlothian, un club d’Edimbourg dopé par la fortune d’un président venu des contrée de l’Est, Vladimir Romanov. Emmenés par un Rudi Skacel que les supporters de l’OM ne reconnaîtraient même pas, les Jambos alignent huit victoires en huit journées et caracolent en tête de l’épreuve. L’entraineur George Burley pourrait s’en frotter les mains, mais quelque chose l’empêche de se réjouir vraiment, son travail étant quelque peu mâché par son président. En effet, chez Hearts, c’est Romanov qui dirige tout. Non seulement le lituanien se charge seul du recrutement, mais il impose de surcroît son point de vue dans la composition d’équipe. Au bout d’un moment, c’en est trop pour Burley qui quitte le club en novembre. C’est le début de la fin pour Hearts, que reprend Graham Rix… qui se fera quand à lui virer en mars.

Hearts sabordé, le Celtic prend le leadership lors de la treizième journée. Au sommet de la SPL, il tourne la tête dans tous les sens et à sa grande surprise, il ne voit pas l’ombre de son rival habituel. Les Rangers, tenants du titre, sont en effet à la ramasse. Malgré un recrutement intéressant, malgré une victoire (3-1) au premier Old Firm de la saison, malgré également un parcours étonnant en Ligue des Champions (premier club écossais à franchir les poules du premier tour), les Gers patinent dimanche après dimanche, à tel point qu’à mi-saison, un trait est déjà tiré sur la saison pour préparer la suivante. Le chairman David Murray, qui aurait levé un joli pactole, annonce une grande équipe pour 2006-2007 et donne même dès le mois de mars le nom du futur entraîneur : Paul Le Guen. Le Breton nourrit de grandes ambitions et s’est vu promettre une équipe compétitive… qui pourrait ne pas disputer la Ligue des Champions.

Le Celtic, lui, conjugue sa saison au présent. Il marque définitivement les esprits au jour de l’an 2006, lors d’un match mémorable sur le terrain de Hearts : Les Jambos réalisent un départ tonitruant et mènent 2-0 après seulement dix minutes. Mais le Celtic revient dans la partie, et arrache la victoire dans les derniers instants. La voie est libre pour recevoir le quarantième titre sur un plateau. Le Celtic alternera le meilleur (une victoire 8-1 à Dunfermline) et le moins glorieux (battu en Cup par Clyde). Cette première saison de l’ère Strachan aura été celle des départs de Chris Sutton et Didier Agathe, deux joueurs-clés de l’ère O’Neill, celle du dernier tour de piste de Roy Keane qui a surmonté ses problèmes physiques pour défendre des couleurs qui lui étaient chères. Ce furent aussi celle de l’ouverture du club vers l’Est lointain, avec le percutant Shunsuke Nakamura, ou l’Est moins lointain avec les Polonais Artur Boruc et Maciej Zurawski. Celle enfin qui annonce peut-être un retour à une identité plus locale, avec le futur idéalisé par Aiden McGeady (vingt ans), le recrutement du défenseur Mark Wilson (Dundee United) et les arrivées promises des écossais Kenny Miller (Wolwerhampton) et Gary Caldwell (Hibernian).

P.-S.

[1] Lors de la dernière journée de la précédente saison, une victoire suffisait au Celtic pour être sacré champion d’Ecosse. Menant 1-0, les Bhoys encaissaient coup sur coup deux buts dans les toutes dernières minutes, laissant le titre aux Rangers.

Lions de Lisbonne

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S’il est vrai que le prestige et l’enjeu de l’épreuve ont de quoi impressionner, il est parfois utile de se souvenir qu’en football, il n’y a rien d’inéluctable. Le Celtic l’a prouvé il y a tout juste 40 ans, en s’adjugeant la « coupe aux grandes oreilles » grâce à une bande de onze écossais bien inspirés.

Comme toutes les histoires qui se terminent bien, il y a un aspect « conte de fées » à l’épopée qui a vu le Celtic mettre un terme à la suprématie latine. Ainsi, les garçons entraînés par Jock Stein sont tous nés dans un rayon de moins de 50 km de Celtic Park, l’enceinte mythique des joueurs à la tunique rayée de vert et de blanc. Mieux, sur les onze Lions de Lisbonne, comme on surnomme les Hoops de 1967, dix ont vu le jour dans la proche périphérie – moins de 15 km – du stade. Un journaliste sportif écossais a résumé l’exploit de Jock Stein et des siens à sa manière : « Montrez-moi un entraîneur qui a réussi un coup pareil : remporter la Coupe d’Europe avec une équipe de district ».

Avant 1967, quatre clubs seulement – le Real Madrid, Benfica, l’AC Milan et l’Inter Milan – avaient conquis le trophée le plus convoité par les clubs européens. Mais aucun d’entre eux n’avait jusque-là accompli l’exploit de gagner la même année son championnat national, la coupe de son pays et la Coupe d’Europe. Ce fut chose faite grâce au mémorable succès (2:1) du Celtic sur l’Inter Milan. Ce soir-là, à Lisbonne, les Ecossais réussissent l’incroyable performance de remporter un cinquième titre – de loin le plus glorieux – sur les cinq compétitions qu’ils ont disputées cette saison-là.

Dire que le Celtic ne partait pas favori est un euphémisme. Dans les jours qui précèdent la finale, on ne parle que de l’Inter. Champions d’Europe en 1964 et 1965, les Nerazzurri sont-ils capables de réussir la passe de trois ? Il est vrai que la formation entraînée par le légendaire Helenio Herrera fait tomber tout ce qui se présente sur son passage. Entre 1962 et 1966, elle remporte trois scudetti, ne laissant échapper le quatrième qu’à l’issue d’un barrage contre Bologne. Pour couronner le tout, l’Inter s’offre dans la foulée une Coupe intercontinentale.

Dans le tunnel, certains footballeurs du Celtic appréhendent le pire, Jimmy « Jinky » Johnstone le premier. Le joueur le plus doué de l’équipe n’a rien oublié de la scène : « Quand on les a vus à côté de nous, ils mesuraient tous plus d’un mètre quatre-vingts, avec un bronzage parfait, des cheveux gominés et un sourire de publicité pour dentifrice. Ils s’étaient même parfumés. A côté, nous avions l’air de nains. Moi, j’avais déjà perdu mes dents. Pareil pour Bobby Lennox et Ronnie Simpson. Les Italiens nous regardaient de haut et nous, nous répondions avec des sourires édentés. Je pense sincèrement qu’ils nous croyaient tout droit sortis d’un cirque ! ».

C’est à ce moment que le milieu de terrain Bertie Auld entame une chanson du Celtic, à la surprise manifeste des joueurs de l’Inter. « Les Italiens ont dû se dire qu’ils allaient jouer une finale contre une équipe de village », raconte le capitaine Billy McNeill en rigolant.

« Un football pur, spectaculaire et inventif »

Tôt dans le match, les joueurs d’Herrera confirment les pronostics en obtenant et convertissant un penalty douteux. Côté Celtic, on ne se démonte pas. Stein avait annoncé que ses hommes joueraient non seulement pour gagner, mais aussi pour que tous les spectateurs neutres soient contents de voir ses protégés sortir vainqueurs. Traduction sur le terrain : la surface de réparation italienne est prise d’assaut, les Intéristes se replient en défense (mettant en place un catenaccio qu’ils maîtrisent à la perfection) et le gardien Giuliano Sarti exécute quelques parades exceptionnelles.

L’égalisation arrive finalement à la 64e minute. L’arrière droit Jim Craig transmet au défenseur central Tommy Gemmell, qui décoche un boulet de canon victorieux. Ce but inscrit par l’arrière-garde écossaise en dit long sur le football offensif prôné par Jock Stein. « J’étais parfaitement placé pour voir le but, se souvient McNeill. J’étais sur la ligne médiane. Quand j’ai vu Tommy préparer sa frappe, j’ai tout de suite pensé que nous allions gagner ce match. » Effectivement, les Italiens donnent l’impression de ne pas pouvoir sortir de leur organisation défensive. Malgré quelques arrêts époustouflants de Sarti, les Bhoys prennent l’avantage à sept minutes de la fin, sur un pointu à bout portant de Stevie Chalmers.

Environ 7 000 supporters du Celtic avaient fait le déplacement jusqu’à Lisbonne, ce qui était proprement inouï pour l’époque. Plus de 20 minutes après le coup de sifflet final, des milliers d’Ecossais dansaient sur le terrain, certains n’hésitant pas à embrasser une pelouse désormais sacrée. Pendant ce temps, Herrera se comporte en vrai gentleman : « Je tiens à féliciter le Celtic. Ils [les joueurs du Celtic] méritent la victoire. Ils ont fait preuve de beaucoup de courage et d’initiative. La Coupe d’Europe est entre de bonnes mains ».

Les mots du stratège de l’Inter allèrent droit au cœur de Stein. « Vous avez devant vous l’homme le plus fier du monde. Il est important de gagner, c’est sûr, mais c’est notre style que j’ai aimé, plus que le résultat. Nous avons pratiqué du vrai football, un football pur, spectaculaire et inventif », déclarait l’ancien mineur le soir de la victoire.

Sur les traces des Lions

Stein était un maître tacticien et un redoutable meneur d’hommes. Il s’avéra également être prophète sur la planète football. « Maintenant que la suprématie latine a été entamée, d’autres clubs britanniques vont bientôt gagner la Coupe d’Europe. Je pense par exemple à Manchester United », avait-il annoncé en 1967. L’année suivante, George Best et ses coéquipiers remportaient le trophée.

En dehors de cette prophétie bien sentie, les héros de 1967 ont laissé pas mal de traces derrière eux. A commencer par les deux gigantesques tribunes de Celtic Park, Jock Stein stand et Lisbon Lions stand, ainsi nommées en hommage aux tombeurs de l’Inter. Ces derniers jouissent d’une adoration et d’un respect sans limites, même parmi les supporters du Celtic nés après les faits.

En novembre 2006, à l’occasion du match de Ligue des champions contre Benfica, le club a organisé un « pèlerinage » à l’Estadio Nacional avec les survivants de 1967. Cette fois-ci, 5 000 supporters glasvégiens avaient fait le déplacement. Malheureusement, la cérémonie s’est déroulée en l’absence de Stein, de Johnstone, du milieu de terrain Bobby Murdoch et du gardien Ronnie Simpson, tous décédés.

Les obsèques du même Johnstone ont d’ailleurs pris des proportions jamais vues en Ecosse, puisque 20 000 personnes ont accompagné le Lion défunt dans sa dernière demeure. Pour mieux comprendre l’ampleur de l’événement, il faut rappeler que le petit ailier roublard a toujours occupé une place unique chez les habitués de Celtic Park. Lors de l’élection par les supporters du meilleur joueur de toute l’histoire du club, Johnstone est arrivé devant Henrik Larsson et Kenny Dalglish. Après son décès, un disque enregistré au profit des victimes de la sclérose latérale amyotrophique – la maladie qui lui a coûté la vie – est arrivé en tête des hit-parades écossais.

La mort de Johnstone a permis au passage de tester le pouvoir unificateur du football dans une ville notoirement divisée. Les quelques écharpes des Rangers éparpillées parmi les montagnes de souvenirs vert et blanc, le jour des funérailles à Parkhead, étaient un hommage au joueur autant qu’à l’objet de sa passion.

L’actuel capitaine des Glasgow Rangers, Barry Ferguson, a même donné une partie des bénéfices tirés de son autobiographie (plusieurs dizaines de milliers d’euros) à la recherche contre la sclérose latérale amyotrophique. « Je n’étais pas encore né quand Jinky était à son meilleur niveau. Mais mon père – qui est un inconditionnel des Rangers – l’admirait énormément pour sa technique, explique le milieu international écossais. Quand j’ai vu la foule qu’il y avait le jour de l’enterrement, ça m’a bouleversé. Les rues étaient bordées de gens sur une épaisseur de dix personnes par endroits. »

C’est d’ailleurs à l’occasion des funérailles de Johnstone qu’un journaliste a rappelé qu’en 1967, dans les instants qui ont suivi la victoire historique du Celtic, l’un des premiers à féliciter Stein a été son ami et compatriote Bill Shankly. Le truculent manager de Liverpool avait alors clamé : « Jock, tu es immortel ». Dans l’esprit de tous les supporters du Celtic, Shankly avait raison… ou presque, car ce sont bien un entraîneur et onze joueurs qui, le 25 mai 1967, sont devenus immortels.

Retour sur la saison 2007/2008

A quelques encablures de la in de cette saison 2007/2008, les Rangers étaient encore en mesure de réaliser la plus belle saison de leur histoire. Ils venaient de remporter la première d’une série de trois finales à disputer et, en championnat d’Ecosse, ils étaient maîtres de leur destin. L’incroyable quadruplé – championnat, deux coupes nationales et coupe d’Europe – était encore à la portée des joueurs de Walter Smith.

Mais le rêve blue a pris de sérieuses allures de cauchemar. Sur les quatre titres concernés, les deux que les Rangers convoitaient le plus se sont envolés. La Coupe UEFA a pris la direction de la Russie et plus précisément de la salle aux trophées du Zénith Saint-Pétersbourg. Quant au championnat d’Ecosse, il est tombé pour la troisième année consécutive dans l’escarcelle de l’ennemi juré, le Celtic.

D’aucuns diront du côté d’Ibrox qu’ils auraient signé dès le début de la saison pour disputer une finale de Coupe d’Europe. En revanche, la deuxième place en championnat est restée en travers de toutes les gorges bleues. Un mois avant la fin de la saison, les Rangers comptaient encore six points d’avance sur leur grand rival, avec deux matches de plus à jouer. On est donc en droit de se demander où le bât a blessé. Car il ne faut pas s’y tromper : ce n’est certainement pas la victoire en finale de la Coupe d’Ecosse, contre Queen of the South (deuxième division), qui va faire passer la pilule.

Certains au club ont jeté la pierre à la Ligue (Scottish Premier League), qui a refusé d’aménager convenablement la fin du calendrier des Rangers. Ces derniers se sont donc retrouvés dans l’obligation de disputer quatre matches en huit jours, au terme d’une saison où ils avaient déjà foulé 67 fois le gazon. Pourtant, Walter Smith refuse d’en faire un argument valable : « Les seuls responsables dans cette histoire, c’est nous« .

Le tournant

Comme tous les scénarios bien écrits, le championnat d’Ecosse 2007/08 a eu son tournant. Il survient le 16 avril à Celtic Park, à la 93e minute du Old Firm, nom que les Britanniques donnent au derby de Glasgow. Pour continuer de croire au titre, le Celtic doit absolument s’imposer. Après avoir manqué un penalty, les hommes de Gordon Strachan font le forcing pour tenter de débloquer un score figé à 1:1. Sur la dernière action de la partie, Jan Vennegoor of Hesselink reprend le ballon de la tête… et marque.

Les Rangers restent en tête du classement, mais le ver est dans le fruit. Onze jours tard, on prend les mêmes et on recommence. Mené au score, le Celtic revient et s’impose une nouvelle fois. Pas mal pour une équipe qui restait sur une seule victoire au cours de ses sept dernières sorties, en mars et en avril. Pour les Verts et Blancs, c’est le début d’une véritable chevauchée fantastique. Ils remportent leurs sept derniers matches de championnat. Dans le même temps, les Rangers laissent échapper des points cruciaux à Hibernian et à Motherwell (troisième).

A la veille de la dernière journée, le Celtic est leader grâce à une meilleure différence de buts. Les Bhoys savent qu’en cas de victoire à Dundee United, le titre ne peut plus leur échapper, sauf si les Rangers réussissent le score du siècle à Aberdeen. Loin s’en faudra puisque les hommes de Walter Smith vont connaître un nouveau revers sur les bords de la mer du Nord et que, dans le même temps, Vennegoor of Hesselink offrira les trois points (encore de la tête) aux siens.

Quatre semaines plus tôt, qui aurait parié sur un éventuel retour du Celtic ? Certainement pas les nombreux critiques de Strachan. L’ancien international écossais avait lui-même donné quelques signes de résignation en affirmant, au début du printemps, qu’il était « peut-être un peu tard pour revenir dans la course« . Au final, le petit rouquin rejoint le cercle très fermé des entraîneurs du Celtic ayant remporté trois championnats d’Ecosse consécutifs. Les deux autres ont pour nom Jock Stein et Willie Maley.

Alors que le rideau venait tout juste de tomber sur la saison 2007/08, le capitaine Stephen McManus n’a pu s’empêcher d’envoyer une pique bien ciblée : « Pour une équipe très moyenne emmenée par un entraîneur très moyen, on ne s’en sort pas trop mal« .

Autres performances au-dessus de la moyenne : les 25 réalisations de Scott McDonald (qui termine meilleur buteur de l’exercice 2007/08) et l’excellente saison réalisée sur son aile par Aiden McGeady. Pour donner la mesure du talent du jeune Irlandais, il suffit de rappeler qu’il a souvent éclipsé la star japonaise Shunsuke Nakamura cette saison.

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En hommage à O’Donnell et Burns

S’il y a une personne qui n’aurait jamais qualifié le Celtic d’équipe moyenne, c’est bien Tommy Burns. Après 35 ans de bons et loyaux services pour les Hoops, comme joueur et comme entraîneur, Burns s’est éteint à l’âge de 51 ans. Survenu quelques jours avant la dernière journée de championnat, son décès aura sans aucun doute donné un supplément de motivation aux joueurs du Celtic, bien déterminés à « gagner pour Tommy ».

Lors des funérailles, sa dépouille a été accompagnée par des milliers de personnes. Deux jours plus tard à Dundee, après le coup de sifflet final, plusieurs joueurs et dirigeants du Celtic ont revêtu un tee-shirt à l’effigie de Burns, avec ces quelques mots : « Nous ne t’oublierons jamais ». A l’issue de la victoire synonyme de titre de champion, Gary Caldwell déclarait : « Tommy a été un entraîneur et une personne formidables. C’était un véritable ami. Il aurait adoré être ici. Nous lui dédions ce titre ».

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L’autre grand drame de la saison en Écosse a bien sûr été le décès de Phil O’Donnell, qui a perdu connaissance avant de succomber sur la pelouse, lors d’un match contre Dundee United. Ironie de l’histoire, c’est Burns qui avait fait venir O’Donnell au Celtic. Ce dernier avait ensuite rejoint Motherwell, dont il était devenu le capitaine.

De ces moments d’une tristesse inouïe, on retiendra encore une fois le pouvoir unificateur du football, même dans une ville ô combien divisée en la matière. Ainsi, de nombreuses gorges se sont nouées à la vue de Walter Smith et de son adjoint Ally McCoist – en pleurs – en train de porter le cercueil de Burns. L’émotion ne fut pas moins forte lorsque les supporters du Celtic ont applaudi leurs homologues des Rangers, au moment où ces derniers déposaient leurs écharpes en hommage au défunt.

Dans ce contexte, il est bon que la saison ne se soit pas clôturée sur la finale de la Coupe d’Ecosse, mais sur la rencontre en hommage à O’Donnell organisée à Celtic Park. L’affiche n’était peut-être pas des plus alléchantes (Celtic années 1990 contre Motherwell années 1990), mais cela n’a pas empêché 60 000 fidèles de venir remplir l’enceinte de Parkhead. Touchante façon de montrer que le football n’est pas une question de vie ou de mort. Le football est moins important que ça, n’en déplaise à Bill Shankly, autre écossais célèbre dans le vaste monde du ballon rond.

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Le Huddle a 13 ans…

Il y a 13 ans, le 23 juillet 1995, une petite partie de l’histoire du Celtic s’écrivait lorsque le tout premier « Huddle » apparu.

C’était lors d’un match amical de pré-saison en Allemagne opposant le Celtic de Tommy Burns aux Kickers Emden sur la pelouse du VfB Jheringsfehn (le stade d’Emden était alors en cours de rénovation).

Les 3650 personnes présentes dans ce qui ressemblait plus à un jardin public qu’à un terrain de football assistèrent à une victoire des Hoops 2-0 mais n’ont probablement pas prêté attention au rituel précédant le match.

C’est à Tony Mowbray, capitaine en l’absence de Paul McStay resté en Ecosse pour soigner une blessure, que vint l’idée du « Huddle » comme signe d’unité entre les joueurs.

Les années passant, c’est devenu un morceau à part entière de l’identité du Celtic, un signe d’unité parmi les hommes qui portent les « Hoops » aussi bien qu’une source d’inspiration et de fierté pour chaque supporter du Celtic.

Le « Huddle » est maintenant effectué par toutes les équipes du Celtic de tous âges, des jeunes Bhoys et Ghirls jusqu’à l’équipe première de Gordon Strachan.

Bien qu’il n’ait jamais imaginé que le « Huddle » se propagerait de manière si spectaculaire, Tony Mowbray demeure fier de ce qu’il a lancé.

Des années après ce premier « Huddle » de ce 23 juillet 1995, il déclara : « Chaque joueur aime laisser quelque chose dont les gens peuvent se rappeler, peut être que c’est le cas pour moi avec le « Huddle » au Celtic »

« Je suis content de voir que c’est toujours aussi fort parce que c’est un excellent moyen d’unir joueurs et fans. C’est la marque de fabrique du Celtic maintenant. »

Les classiques : Celtic fait peur à la Juve pour Halloween

« Peut-être les avons-nous sous-estimés un peu. » Pavel Nedvěd

Halloween a offert un match à sept buts au public de Glasgow, et la gloire d’une victoire en UEFA Champions League face à la Vieille Dame du football italien. Mais le destin de cette soirée allait jouer un mauvais tour au champion écossais.

Les hommes de Martin O’Neill savaient avant le match qu’une victoire face au leader du groupe représentait leur unique chance de dépasser le FC Porto, 2e du groupe. Et cela commençait mal puisqu’Alessandro Del Piero ouvrait le score à la 19e minute. Mais le Celtic se reprenait bien et deux buts de Chris Sutton venaient inverser le score. Le public était en transe, puis est arrivée la nouvelle de la victoire de Porto face au Rosenborg BK.

Les hôtes méritaient mieux, ils avaient pris le jeu à leur compte grâce à Didier Agathe sur la droite et à Lubomír Moravčík au milieu. L’international slovaque butait à deux reprises sur Fabián Carini, et sa frustration était encore plus grande quand les Italiens ouvraient le score contre le cours du jeu. Del Piero subissait une faute aux 25 mètres, se relevait et adressait une merveille de coup franc brossé dans la lucarne.

Le stade était plongé dans la torpeur, mais pas pour longtemps puisque cinq minutes plus tard, les Ecossais étaient de nouveau dans le match. Joos Valgaeren plongeait pour reprendre un centre de Moravčík. Le Celtic était sur une pente ascendante, Agathe tirait à côté et Henrik Larsson manquait une tête à bout portant. Juste à la mi-temps, Larsson voyait sa talonnade détournée et sur le corner suivant, Sutton s’élevait pour transformer le corner de Moravčík.

Entré à la pause, David Trezeguet égalisait, mais le Celtic n’avait pas dit son dernier mot. Larsson transformait un penalty après une faute de Mark Iuliano sur Sutton. L’Anglais portait le score à 4-2 d’une splendide volée à la 64e minute suite à un nouveau coup franc de Moravčík.

La Juventus réagissait et Trezeguet réduisait le score. Pendant treize minutes, le Celtic tenait bon, mais apprenait que Porto avait battu Rosenborg pour prendre la 2e place. Dénouement cruel pour le géant de Glasgow qui devait se contenter d’une place en Coupe UEFA, en plus du respect de son illustre adversaire.

Que s’est-il passé ensuite ?

Troisième du Groupe E, le Celtic FC a été reversé en Coupe UEFA. Les hommes de Martin O’Neill étaient éliminés par le Valencia CF aux tirs au but lors du 3e tour.

La Juve a peut-être survolé la première phase de groupes, mais elle a eu plus de mal lors de la deuxième. Les Italiens ont fini derniers, derrière le Bayer 04 Leverkusen, le RC Deportivo La Coruña et l’Arsenal FC.

Les hommes de Marcello Lippi se sont bien repris pour remporter leur 26e Scudetto à la dernière journée grâce à la défaite 4-2 du leader, le FC Internazionale Milano, face à la S.S. Lazio.

Les Bianconeri étaient sacrés de nouveau en 2002/03 mais étaient battus en finale de l’UEFA Champions League par l’AC Milan aux tirs au but à Manchester.

Le Celtic était également sacré champion, un de ses six titres en huit ans. La saison suivante, le Celtic se qualifiait pour la finale de la Coupe UEFA avant de s’incliner face au FC Porto.