Welcome to Saint-Mirren

J’ai mon billet pour Celtic-Hibernians. Je suis heureux, je rentre chez moi et me rend compte que le match est dans une semaine. Donc que faire Samedi après-midi. J’avais envie d’aller dans un stade…

Et si on allait à Saint-Mirren ?

Un ami fan de foot sourit et propose : et si on allait à Saint-Mirren ? L’idée est acceptée et nous voilà sur le net réservant billet de train et de stade. Déjà, c’est ou Saint-Mirren ? Ah c’est le club de la petite ville de Paisley. Mais impossible de réservez on-line. Pas de problème, on y va tôt et on visite la ville… On ne savait pas encore réellement où on allait pour dire ça.

Bienvenue à Paisley Scotland

Rendez-vous Central Station Glasgow, un billet aller-retour à 3 pounds (5€ à peine), 10 minutes de train et nous arrivons dans la banlieue de Glasgow au milieu de l’Écosse profonde. Une odeur de bière dans l’air, et des gens qui ne respirent pas la joie de vivre ; beaucoup ont déjà l’air ivre. ça sent la banlieue ennuyante, de plus la ville est sale. La ville est pas vraiment moche mais loin d’être jolie et sans rien à visiter sauf une Abbaye. Le tout effectué en 3 minutes. Bon tant pis un déjeuner rapide et direction le stade.

Saint-Mirren Park

Après 5 minutes de marche en partant de la gare, à travers un quartier semi-résidentiel et semi-industriel pas vraiment rassurant (mais on est ou là ?), nous arrivons au stade. Un stade à l’anglaise avec une capacité d’environ 10 000 places. Et quatre tribunes très différentes. Une petite et veille très typique : on s’y attache tout de suite, une grande assez mal entretenue dont la moitié est fermée mais,qui n’a pas l’air jeune non plus. Une moderne étrangement grande pour les supporters adverses et une de construction très simple assez mignonne pour les familles. L’entrée est à 15 pounds (22€) pour Saint-Mirren-Kilmarnock. Mais la vendeuse nous laisse entrer pour 5 pounds car on est des étrangers, ce qui est vraiment rare. Les gens sont bien accueillants et amusés de nous voir. Deux français ici, c’est comme si deux anglais allaient voir Beauvais-Laval.

Let’s go Saints

Nous nous installons dans la tribune principale, après un passage au « magazine »des fans, avec le pseudo kop local,10 drapeaux au moins, 20 membres. Mais ils chantent et se disputent avec les supporteurs adverses dans l’autre tribune. Le reste de la tribune est composé d’un groupe de personnes d’âge avancé sentant la bière mais bien sympa qui rigolent beaucoup et de quelques familles. Ils se connaissent tous, et sortent du pub local pour la grande majorité. L’ambiance est vraiment familiale. Ils chantent un peu, et surtout se moquant de leur équipe et des joueurs qui s’échauffent. Mais le soleil et les rires rendent le tout sympathique. Il est étrange de voir un grand-père appeler un joueur par son prénom et celui-ci répondre en utilisant le prénom du gentil pépé et venir lui serrer la main. Si un jour Thierry Henry venait serrer la main en plein échauffement…

Le match

Bon, on est bien là, les sièges sont sales et pas confortables du tout. La tribune est bien remplie, le temps beau mais avec du vent. On attend plus que le début du match. Il commence un poil en retard mais le public acclame les équipes. Saint-Mirren en blanc, Kilmarnock en jaune, l’arbitre en bleu et c’est parti. Pour un grand match de première ligue écossaise : yeah !

Première période

Le match commence avec du jeu écossais pur et dur. Vraiment dur et rude je dirais. Le niveau technique et tactique laisse vraiment à désirer. On dirait de la L2 ou du National plutôt. A l’exception des numéros 8 et 19 de Saint-Mirren qui sortent du lot, le niveau est pitoyable. Mais bon c’est ça le foot écossais en-dehors de Glasgow. Le jeu étant mauvais et lent, les gens commencent à nous parler. Pourquoi deux français sont ici ? On est fous ? On s’ennuie tant que ça à Glasgow ? Non, on voulait voir un match, c’était proche et pas cher…. On rencontre facilement les gens, on comprend plus difficilement leur accent par contre. Bref, on sympathise avec les locaux pendant que l’arbitre met fin au triste spectacle sur la pelouse.

Mi-Temps

La mi-temps est sifflée, le public applaudit sans conviction et certains discutent avec les joueurs. Pas vraiment d’espoir de victoire mais seulement le plaisir d’être là. On suit le mouvement de la foule, passons dans des toilettes en brique et sans lavabo puis on va acheter à boire et à manger : le plat populaire, le Bovril : soupe très bonne au bœuf et une pie (tarte) plat typique écossais. Toute la tribune en consomme, et les prix sont raisonnables voir un pound de moins qu’au Celtic Park. En retournant à nos places, on se trompe de place mais les places ne sont pas numérotées. Enfin si, elles ont des numéros mais les gens ne s’en occupent pas. On s’assoit et change de place tout le temps ici. Les anciens ont même le droit à plusieurs places. Les gens recommencent à discuter et commenter les autres scores. On apprend la victoire du Celtic qui à des partisans ici, bien que tous aient l’écharpe de Saint-Mirren. Ah tiens revoilà les joueurs. Applaudissements et railleries.

Deuxième période

Le match recommence. Les supporteurs continues leurs bavardages. Alors que les « ultras »,ils sont 3, chantent « nobody singing » pour rappeler le support des fans à leur équipe. Le match s’emballe un peu. Les saints poussent et les killis procèdent en contre sous les vivas de leurs 300 fans présents dans la grande tribune moderne qui gâche un peu le décor ancien. Le public s’énervent de la médiocrité technique de leurs joueurs. Notamment, le numéro 26 un certain Steven souffre de critiques très très nombreuses et on les comprend. En réalité, il s’appelle Stephen McGinn mais bon… Une barre transversale pour Kilmarnock et un arrêt superbe de leur gardien réveillent le stade. Le zéro zéro approchent et mes amis locaux décident de partir prendre une bière ou de rentrer chez eux. Ils ont l’air déçu, ils s’amusent bien entre eux, mais espéraient quand même du football correct.

Et c’est le But

Mais à la 90éme minute, le 19 Miranda ( il est argentin) est fauché par un défenseur de Kilmarnock. Le 8 ( est un jeune gallois) tire un bon coup franc repris de la tête par le numéro 5 Haining. Le ballon part dans une course croisée magnifique le gardien s’envole mais c’est le but ! Les joueurs en blanc se sautent dessus de joie, le public est debout et chante, ils ont l’air heureux et fiers. Le public chantent pendant 3 minutes encore, puis l’arbitre siffle la fin du match, les deux équipes disparaissent aux vestiaire et le stade se vide. Les 3000 et quelques supporteurs disparaissent vites. On en retrouve quelques-uns dans les pubs locaux. Bon, respectons la tradition une bière et on rentre à Glasgow. Il a fait beau, on était bien quand même si la ville est toujours aussi peu attirante.

Bilan : c’était bien

Sur le quai de la gare des jeunettes prennent le train de Glasgow pour un samedi soir festif ( c’est pas à Paisley que l’on doit beaucoup s’amuser le soir). Il y a aussi un jeune ivre qui chante des chants pour le Celtic et contre Manchester United, allez savoir pourquoi… En tout cas, dans le train petite photo souvenir. Et on se demande si on reviendra pas la semaine prochaine pour 8 pounds. C’était presque un voyage dans le temps. A l’époque du foot populaire et pas business. L’ambiance bonne enfant et authentique, manque dans les grands stades avec les obligations de victoires et les enjeux économiques. Là, une ville, un club, une équipe, des bières… On comprend pourquoi les écossais aiment tant le foot. Et franchement c’était marrant, à refaire…