Rennes – Celtic : Où en sommes-nous ?

Le Stade Rennais, après son très bon match face à Lorient dimanche soir (2-0), va recevoir un monument du football : le Celtic Glasgow. Nous allons découvrir ou redécouvrir l’histoire des Bhoys, tout en faisant un état des lieux avant cette double-confrontation très importante pour les deux équipes en vue de la qualification pour le prochain tour de l’Europa League.

Le Celtic : un monument…

Fondé en 1887 par Frère Walfrid, un ecclésiastique originaire d’Irlande, la création de ce club a d’abord des vertus sociales : il permettrait d’aider financièrement la forte communauté irlandaise de la ville de Glasgow, très pauvre, et de se servir du football comme vecteur de rassemblement entre irlandais et écossais, catholiques et protestants. Ils jouent leur premier match en 1888 (date retenue sur l’écusson du club) et après le succès des premières rencontres amicales en Ecosse, le Celtic fait partie des fondateurs du championnat en 1890. Ils ne sont jamais descendus en division inférieure (tout comme les Rangers, club créé en 1873) et ont un palmarès ahurissant : 45 titres de Champion, 35 coupes d’Ecosse et 14 coupes de la Ligue. Ce palmarès est pourtant inférieur à celui des Rangers (54 titres, 33 coupes d’Ecosse et 27 coupes de la Ligue) mais leur prestige est plus important que celui de leur rival.

Lors de la saison 1966-1967, les Celts (autre surnom des joueurs du Celtic, également appelés Hoops ou Bhoys) réussissent l’exploit jamais égalé en Ecosse de remporter toutes les compétitions dans lesquelles le club était engagé. C’est-à-dire que sous la houlette de Jock Stein, ils remportent la Coupe d’Europe des Clubs Champions (aujourd’hui Ligue des Champions) après avoir notamment écarté entre autres le FC Nantes puis le Dukla Prague en demies. En finale à Lisbonne, ceux qu’on surnomme aujourd’hui les Lisbon Lions, essentiellement originaires de Glasgow et ses environs, déjouent les pronostics en battant le grand Inter de Milan (2-1). C’est la première coupe aux grandes oreilles remportée par un club britannique. C’est à ce jour le seul titre européen gagné par le Celtic.

Parmi les grands joueurs à avoir foulé le mythique Celtic Park, peu sont restés dans les mémoires européennes. Des années d’avant-guerre, on retiendra Jimmy McGrory, meilleur buteur de l’histoire du club, avec 522 buts en 15 saisons. Les Lisbon Lions (Lennox, Murdoch et Johnstone notamment) ne sont connus qu’au Royaume-Uni, mais ils restent la plus belle génération de l’histoire du club. Deux grands joueurs ont porté le maillot du Celtic et ont marqué l’histoire du football : Kenny Dalglish, qui a joué meneur de jeu de 1971 à 1977 avant un transfert record pour l’époque à Liverpool, et le Suédois Henrik Larsson, troisième meilleur buteur de l’histoire du club (242 buts en sept saisons !).

Plus que des performances sportives, ce club marque par la force de ses supporters : le Celtic Park (60000 places assises) est souvent plein. L’histoire de ce club est également marquée par les chauds derbys avec les voisins, les Glasgow Rangers, dans un match communément appelé Old Firm. Vu la faiblesse du championnat écossais, cette rencontre est le match à ne pas perdre (seulement 18 titres sur 117 n’ont pas été gagné par un des deux), et l’ambiance y est toujours chaude, parfois trop. Mais aujourd’hui, le hooliganisme a laissé place à des supporters sans failles.

… Qui se détériore

Trois ans que le Celtic n’a pas été champion, et qu’ils ont regardé les Rangers soulever le trophée. C’est long pour ce club. Ce sont en effet les voisins qui ont dominé les vingt dernières années, avec treize titres pour les Rangers contre sept pour les Hoops. Sauvé de la faillite en 1994, le Celtic ne vit pas les plus belles années de son histoire. La saison dernière, ils échouent pour le titre à un point de leur rival.

Historiquement, le jeu du Celtic est porté sur l’attaque, la tactique de Jock Stein était d’ailleurs le 4-2-4. Cette saison, ils ont beaucoup de mal à développer ce jeu efficacement, en témoigne leur classement (3è après 11 journées, 10 points de retard sur les Rangers mais un match en moins). Les hommes du coach Neil Lennon avec le capitaine Scott Brown ont déjà perdu trois matchs, face à St. Johnstone (0-1), les Rangers (4-2 le mois dernier) et avant la trêve face à Hearts of Midlothian (2-0). D’abord éliminés de l’Europa League par le FC Sion, ils sont repêchés et ont le même nombre de points que le Stade Rennais. C’est un début de saison compliqué pour les Hoops.

Rennes a ses chances

Face à Kilmarnock samedi midi, les Bhoys ont complètement manqué leur première mi-temps, et ils sont rentrés au vestiaire avec un avantage pour les locaux de 3-0 ! Ils montrent cependant une belle mentalité en parvenant à égaliser, pour un score final de 3-3. Face au 7è du championnat écossais, les Celts ont quand même totalement déjoué pendant 60 minutes. Si la défense est passée à côté de son match, on peut signaler les bonnes performances de James Forrest, qualifié d’excellent par Lennon, et d’Anthony Stokes, auteur d’un doublé. Les Coréens Ki Sung-Yong (milieu) et Cha Du-Ri (latéral droit) sont également intéressants. Mais ce qui se dégage de cette équipe est l’inexpérience. Avec beaucoup de jeunes joueurs, comme seul pilier le stoppeur Majstorovic et surtout avec la blessure du meilleur joueur Scott Brown (jusqu’en décembre), ils paraissent très friables.

Rennes a parfaitement maîtrisé sa rencontre face à Lorient, et sera au complet (mis à part Boukari incertain et Apam, évidemment) face au Celtic avec les retours de Kana-Biyik, Mavinga et Féret, suspendus face aux Merlus. Le Stade Rennais a donc largement les moyens de battre les Hoops jeudi, devant un stade qui risque d’être assez chaud, espérons-le avec la même ferveur que lors de la réception de l’Atlético. Et aussi, pourquoi pas, faire de même au Celtic Park le 3 novembre