Majstorovic : « Quelque chose de grand »

La patience est une vertu. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur le parcours de Daniel Majstorovic. À 33 ans, le natif de Stockholm semble avoir enfin atteint sa plénitude. Quatorze ans après ses grands débuts à Brommapojkarna, Majstorovic tutoie désormais les sommets.

Au niveau international, ce talentueux défenseur s’est enfin imposé comme un titulaire à part entière au sein de la sélection de Suède entraînée par Erik Hamren. Sa régularité et son charisme lui ont même valu de porter le brassard de capitaine en l’absence de Zlatan Ibrahimovic. Transféré au Celtic Glasgow en 2010, le Suédois apporte son expérience et sa détermination au sein d’une équipe rajeunie.

Passé par la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l’Écosse, Majstorovic a longtemps été considéré comme un honnête joueur de club, mais son ascension aura mis du temps à se dessiner. À un âge où certains pensent déjà à la retraite, lui attend toujours de disputer sa première grande compétition internationale. Aujourd’hui, sa patience est en passe d’être largement récompensée, comme il l’explique au micro de FIFA.com.

Daniel Majstorovic, on sent un réel engouement autour de l’équipe de Suède qu’Erik Hamren est en train de construire…

C’est vrai et je crois que les gens ont raison d’être enthousiastes. Depuis qu’il est arrivé, nous avons gagné six matches de suite et nous proposons un spectacle de qualité. Je pense que ça a fait du bien à tout le monde. Après avoir manqué la dernière Coupe du Monde, les joueurs et les fans avaient besoin de se relancer. L’équipe nationale traverse vraiment une très bonne période. Je crois que nous sommes sur le point de réussir quelque chose de grand.

Après le long règne de Lars Lagerback, l’équipe avait-elle besoin de se renouveler ?

Avant tout, je crois qu’il faut rendre hommage à Lars Lagerback et à Roland Andersson, son assistant. Tout deux ont réalisé de l’excellent travail. J’ai beaucoup de respect pour tout ce qu’ils ont accompli en sélection. Il ne faut surtout pas oublier le passé. Maintenant, il faut bien reconnaître que l’arrivée d’Erik nous a fait du bien. Nous avions besoin d’idées neuves et d’une autre présence dans le vestiaire. Je crois que la façon dont Erik voit le football correspond parfaitement à la génération actuelle de footballeurs suédois. En somme, c’est l’homme idéal pour ce poste.

Sa première bonne idée a consisté à faire sortir Zlatan Ibrahimovic de sa retraite internationale. Cette décision a-t-elle beaucoup pesé dans la suite des événements ?

Sans aucun doute. Zlatan est un très grand joueur. C’est l’un des meilleurs au monde à son poste, selon moi. Son retour nous a donné un nouvel élan. Je ne parle pas seulement de son efficacité sur un terrain, je pense aussi à sa personnalité et à son caractère. Ça change tout de l’avoir avec nous. C’est notre capitaine, celui que tous les jeunes admirent. En ce qui me concerne, je suis ravi de le revoir en sélection.

Vous n’avez été appelé que pour une seule grande compétition internationale, l’UEFA EURO 2008. À l’époque, vous n’aviez pas disputé le moindre match. Vous êtes désormais un titulaire à part entière et, compte tenu de votre âge, on imagine que vous êtes très motivé à l’idée de vous qualifier pour l’UEFA EURO 2012…

Cela fait des années que j’attends ce moment. Maintenant que je fais partie des titulaires, je compte bien en profiter pleinement. J’ai fait mes débuts en sélection en 2002 mais il m’a fallu du temps pour m’imposer. Depuis deux ans, j’ai vraiment l’impression d’avoir pris une autre dimension. J’ai dû faire preuve de beaucoup de patience avant d’avoir ma chance. C’est normal, j’étais en concurrence avec de très bons défenseurs. De mon côté, j’ai toujours cru en mon talent et je savais que mon tour viendrait. Je suis content que tout se termine bien pour moi.

Votre transfert au Celtic représente un nouveau défi dans votre carrière. Comment trouvez-vous la vie en Écosse ?

Je suis très heureux ici. Pour le moment, tout va pour le mieux : je suis dans un grand club et nous sommes en tête du championnat. En dehors du terrain, tout se passe très bien aussi. Ma femme et mes enfants se sentent très bien. Je vis vraiment quelque chose d’exceptionnel.

Les Scandinaves en général et les Suédois en particulier ont la réputation de briller en Écosse. Les habitués de la Premier League n’ont pas oublié les passages de Brian Laudrup et de Henrik Larsson. À quoi cela est-il dû, selon vous ?

C’est une question de mentalité. Les joueurs scandinaves n’ont pas peur d’aller au duel quand il le faut. Pour réussir en Grande-Bretagne, c’est une qualité importante. Il faut du talent et du caractère pour s’imposer, surtout dans un club comme le Celtic, où la pression est omniprésente. Je crois que les Scandinaves savent bien gérer ce type de situations.

Tout au long de votre carrière, vous n’avez jamais eu peur de vous remettre en question. Vous avez ainsi eu l’occasion de jouer dans de nombreux pays. Avez-vous fini par prendre l’habitude de changer régulièrement d’environnement ?

En tant que footballeur, c’est quelque chose auquel il faut se préparer. Personnellement, je suis très fier et heureux d’avoir pu voyager. J’ai découvert d’autres cultures et d’autres façons de jouer au football. Le plus important, quel que soit le pays, c’est de progresser. Je pense qu’en signant au Celtic, je me suis donné tous les atouts pour continuer à avancer. Il y a beaucoup de joueurs fantastiques ici. Ça me fait plaisir d’évoluer à ce niveau. Même à 33 ans, j’ai encore l’impression d’apprendre de nouvelles choses, chaque jour à l’entraînement.

On peut dire que vous avez connu une progression tardive. Comment cela se fait-il ?

J’ai vécu de belles choses en Suède mais je suis parti à 26 ans. Avec le recul, j’aurais sans doute dû tenter ma chance trois ou quatre ans plus tôt. Ceci étant dit, je n’ai aucun regret. Je suis fier de ma carrière. Je suis encore en parfaite condition et je sens que je peux encore évoluer à mon meilleur niveau pendant plusieurs années.

Dernière question, qu’espérez-vous accomplir au cours des douze prochains mois ?

C’est facile, si vous revenez me voir dans un an et que je suis champion d’Écosse avec le Celtic et champion d’Europe avec la Suède, je suis sûr que je serai ravi !