Le jour de honte du celtic

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Le 8 février 2000, le Celtic connait en Coupe d’Ecosse la pire humiliation de son histoire. Il est battu à domicile par une équipe de D2, Inverness Caledonian Thistle, club fraîchement créé qui ne pouvait rêver plus beau match fondateur.

« Supercaley go ballistic, Celtic are atrocious ». Plus que par la stupeur que provoqua l’évènement, c’est bien le titre hilarant qu’un tabloïd écossais s’offrit le lendemain qui fit entrer le match dans l’histoire. Inspiré par la célèbre chanson de Mary Poppins, ce titre a assuré à son auteur une gloire éternelle. Autant que celui qui dix ans plus tôt avait résumé la défaite de l’équipe d’Ecosse face au Costa Rica : « Battus par une marque de café… ». Ce 8 février 2000, le Celtic, battu sur son terrain par Inverness Caledonian Thistle, vient de connaitre, pour la première fois depuis 103 ans, la défaite face à un club de division inférieure. A quelques mois près, il aurait pu finir le vingtième siècle sans connaître cette humiliation…

La saison 1999-2000 du Celtic n’a pourtant pas trop mal commencée. L’équipe pratique un football offensif digne de la plus belle époque, mais un match de Coupe UEFA contre l’Olympique Lyonnais, brise l’élan. Son suédois Henrik Larsson en sort avec une sale blessure (le ralenti, proprement effrayant, a fait le tour du monde) et son indisponibilité va sérieusement entamer le rendement des Bhoys. Si bien qu’arrivée la période des fêtes, les verts et blancs se retrouvent à une dizaine de longueurs de leurs voisins d’en face, ce qui n’est bien sûr pas du goût des supporters.

En fait, privée de Larsson, l’équipe du Celtic redevient une équipe assez banale. Le club préfère investir dans la construction du nouveau stade et le recrutement s’en ressent : des joueurs un peu usés (Tom Boyd, Paul Lambert…), des Anglais un peu périmés (Tommy Johnson, Ian Wright…) et des mercenaires étrangers un peu surestimés, où seul Lubomir Moravcik parvient à faire jaillir une étincelle. Le coach en outre ne fait pas vraiment l’unanimité. John Barnes, ancienne gloire de Liverpool, a acquit le poste grâce à ses relations privilégiées avec Kenny Dalglish, devenu un dirigeant influent du club. L’ancien international anglais n’a aucune expérience d’entraîneur et débute dans un climat un peu spécial. Les supporters n’ont jamais digéré le licenciement de Wim Jansen, l’homme qui entre autres avait fait venir Larsson, et emmené l’équipe au titre de 1998. Le Danois avait aussitôt été viré pour s’être montré trop gourmand dans ses projets de recrutement. Jozef Venglos lui a succédé sans vraiment le remplacer. Puis est arrivé John Barnes.

Autre motif de la grogne des supporters, les maillots portés pas les Bhoys les années précédentes. Le Celtic a successivement eu un maillot blanc avec trois grosses rayures vertes, franchement laid, puis un maillot un peu plus joli, mais qui mixait les rayures de largeur traditionnelles avec de très fines rayures, un style loin du look Celtic. Autant ne pas parler des maillots away, tout simplement ratés et impossibles à décrire tellement ils sont… particuliers. Un tel ratage esthétique que le business de ces maillots fut un flop.

La saison 1999-2000 est donc une saison ratée, le Celtic terminant deuxième du championnat. Mais elle va prendre une tournure catastrophique avec cette rencontre du troisième tour de la Scottish Cup contre Inverness, équipe de milieu de tableau de D2 à l’époque. Le match se déroule à Celtic Park et la qualification ne fait aucun doute dans les esprits. Mais dans un stade à moitié vide, Caley va tout simplement humilier les Bhoys. Il n’y eut de suspense que sept minutes exactement, Mark Burchill répondant à l’ouverture du score de Barry Wilson. Dès le but contre son camp d’un Lubo Moravcik très nerveux ce soir là, Inverness domina tactiquement le match pour le plier à l’heure de jeu avec un penalty de Paul Sheerin. 3-1 pour les visiteurs, cela aurait pu être 4 ou 5-1 tellement le Celtic a mal joué. La faute à qui ? Aux joueurs de Caley certainement, mais aussi et surtout à John Barnes qui avait annoncé la veille du match la tactique que ses joueurs allaient employer… Pas très malin, et un peu prétentieux, non ?

Le lendemain de la débâcle, la conférence de presse est aussi triste que le match. Barnes et Dalglish affichent la mine des mauvais jours, pour la plus grande joie de la presse locale où circule déjà le titre que l’on sait. Dans les jours qui suivent, Barnes est viré. On ne le retrouvera même plus sur un banc. Le temps de trouver un autre coach, c’est à Dalglish que l’on demande de diriger l’équipe. Il s’en chargera tant bien que mal, jusqu’à l’arrivée du nouvel entraîneur. Un certain Martin O’Neill…

– Celtic : Gould ; Boud, Riseth, Tébily, Mahé, Blinker, Healy, Berkovic, Moravcik, Viduka (Wright), Burchill.

– Inverness CT : Calder ; Teasdale, Golabek, Mann, Hastings, Sheerin, Tokely (Byers), McCulloch, Wilson (Glancy), Christie, Wyness (Bavidge).