Le Celtic recrute à la Réunion avec Didier Agathe

Un an après la venue sur l’île de Lincoln City (D3 anglaise) pour une détection animée par le manager Chris Sutton, Didier Agathe offre à la jeunesse réunionnaise le prestigieux Celtic de Glasgow.

Chris McCart, responsable du centre de formation et David Moss chargé du recrutement des jeunes au Celtic seront sur l’île les 19 et 20 octobre pour peut-être repartir avec des petits talents réunionnais dans leurs valises. “Ce sera à l’occasion du stage final en compagnie des meilleurs joueurs de l’île nés en 1994, 1995 et 1996, explique Didier Agathe, mandaté bénévolement par son ancien club pour lancer dès dimanche à Jean-Petit (Saint-Joseph), le premier des trois rassemblements décentralisés (à la Saline-les-Bains le 25 octobre et enfin le 2 octobre probablement dans le Nord). Je suis chargé de faire une présélection suivant le cahier des charges qu’ils m’ont transmis. Avec Elian Galaor de la Ligue que je remercie pour son soutien, et plusieurs éducateurs, nous attendons le maximum de garçons de 15 à 17 ans. On veut donner une chance à tous les marmailles de cette tranche d’âge, de tous les clubs.”

Didier, qu’est-ce qui amène le Celtic de Glasgow à venir recruter à la Réunion ?

“En dehors du fait que j’ai joué là-bas pendant sept années, j’ai eu l’opportunité lors du dernier match entre les anciens du Celtic et de Manchester, de présenter au club un dossier sur le ratio des joueurs réunionnais qui ont réussi sur le plan professionnel. Une telle réussite pour une île de 800 000 habitants, il a trouvé cela extraordinaire. Comme le Celtic est bien présent aux Etats-Unis, en Asie, il veut s’étendre à la zone océan Indien. Il vient de construire un nouveau centre de formation. C’est une aubaine pour nos jeunes qui peuvent par l’intérêt du Celtic de Glasgow, faire du football, leur métier.

Quel est le but du Celtic ?

C’est de s’ouvrir un peu plus au monde. De donner la chance à un Réunionnais comme il l’a fait pour moi à l’époque. J’en suis très heureux. C’est une chance supplémentaire pour nos jeunes de pouvoir réaliser leur rêve. C’est aussi une belle continuité pour toutes les opérations des ligues en faveur des jeunes. Et aussi une belle occasion de mettre en valeur le travail des éducateurs réunionnais.

“Mettre la tête là où les autres mettent le pied”

Pensez-vous réellement qu’il y ait encore des garçons comme Guillaume Hoarau voire même Dimitri Payet et vous-même qui malgré leur départ tardif de l’île, ont réussi à devenir football professionnel ?

J’espère… J’y crois ! L’exemple de William Gros, qui a signé un contrat de trois ans à Kilmarnock est là pour le prouver. Sa réussite confirme qu’il y a un vivier de jeunes footballeurs de qualité à la Réunion. En tant qu’ancien professionnel, c’est mon rôle d’aider. Le Celtic m’a transmis un cahier des charges avec des profils bien spécifiques. Il recherche des garçons costauds en défense, rapides sur les côtés, capables d’aller percuter au milieu et de jouer dos au but et en déviation devant. Même si tout est important, de la technique au physique, en passant par l’attitude, il veut des garçons motivés. En clair, ce sont les caractéristiques du football écossais. Des joueurs qui sont capables de mettre la tête là où les autres mettent le pied.

Anthony Siva, Mathieu Saïdou et Florent Malet sont récemment partis en Italie pour des essais à la Roma et au Chievo Vérone. Le Saint-Joséphois est même reparti pour l’Écosse récemment, qu’en est-il ?

Déjà ce qu’il faut savoir, c’est que le séjour des trois garçons en Italie a été très enrichissant, à tous les niveaux. Après, ce qu’il faut savoir, c’est que la Roma était très intéressée par Mathieu Saïdou et le Chiévo Vérone a longtemps hésité pour Anthony Siva. Dans les deux cas, les clubs ont préféré miser sur un jeune italien, mais ils ont fait honneur à leur club et au football réunionnais. Quant à Florent (Malet), il était récemment à Hamilton (club de D2 écossaise) où comme en Italie, il a laissé une bonne impression. Nous attendons la réponse du club. Florent est un garçon déterminé, il veut devenir pro. Il a des qualités, il faut l’aider.

Malgré tous les coups bas dont vous avez été victime, vous vous lancez dans une nouvelle opération…

Il faut avancer dans la vie. Pour moi, le plus important, ce n’est pas ce que les gens pensent de Didier Agathe mais c’est bien l’avenir des jeunes Réunionnais. Je travaille pour mon pays. J’ai de la chance d’ouvrir les portes des clubs européens de par mon passé de footballeur professionnel. Je le fais par envie et passion. Je ne suis pas agent, je n’ai pas de carte Fifa, je ne suis qu’un simple bénévole”