L’éternel débat d’une nouvelle Ligue

Malgré leurs différences historiques, les dirigeants des Rangers et du Celtic sont d’accord sur un point : le faible niveau (sportif et financier) de la Premier League écossaise ne leur permet plus de jouer les premiers rôles en Coupe d’Europe.

Pour tenter de remédier à ce problème, le manager des Rangers Walter Smith a indiqué fin décembre que les deux clubs de Glasgow devraient évoluer dans un championnat européen en compagnie de grandes équipes issues de championnats secondaires. Il cible les Pays-Bas, le Portugal, la Belgique, les pays scandinaves et même la France.

« Les Rangers et le Celtic sont deux grands clubs qui méritent de se retrouver dans de meilleurs conditions que celles que l’on trouve en Écosse. Il y a un certain nombre d’équipes en Europe qui sont dans la même position. […] L’UEFA doit aider les grands clubs dans les petits pays, et il y en a beaucoup, qui souhaitent se rapprocher des anglais, espagnols et italiens au niveau financier. »

L’idée permettrait effectivement aux Écossais et aux autres équipes engagées-d’affronter des clubs plus compétitifs chaque samedi. Donc d’être mieux préparés pour les chaudes soirées européennes.

Mais elle relève davantage du fantasme que d’une quelconque possibilité.

D’abord, il faut convaincre les différentes fédérations de laisser filer leur meilleur club qui, en échange, alignerait une équipe B dans leur championnat national respectif. Quel serait l’intérêt pour la Fédération portugaise d’autoriser Porto et Benfica à quitter la Liga Sagres pour aligner des joueurs de second couteau ?

Ensuite, il ne faut pas oublier les contrats de télévisions signés par les différentes fédérations. La Premier League écossaise a notamment signé un nouveau contrat de 125 millions ₤ (223 millions $CAN) pour les saisons 2010 à 2014. Comment expliquer à Setanta que, finalement, les deux seuls grands clubs écossais ne joueront qu’avec une équipe B ?

En fait, seule la Fédération écossaise est, sans surprise, ouverte à la proposition. Le président de la SPL, Lex Gold, était déjà favorable au début du siècle à la création d’une grande Ligue européenne, baptisée alors North Atlantic League. Un rêve qu’il caresse visiblement toujours mais qui, en bout de ligne, se terminera au même endroit que les autres : aux oubliettes.