Interview de Landry N’Guemo

Prêté au Celtic par Nancy, Landry N’Guemo ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Mais le milieu camerounais reconnaît qu’il a évolué et est prêt aujourd’hui à relever d’autres challenges à l’étranger.

Landry N’Guemo, sur le plan strictement personnel, quels souvenirs garderez-vous de la CAN Orange 2010 ?

C’était ma première participation à la CAN et j’ai marqué mon premier but. Ça ne pourra rester qu’une immense satisfaction pour moi. Malheureusement, nous ne sommes pas allés en finale et n’avons pas gagné le tournoi. Et par rapport à ça, j’éprouve une déception. Après, je retiendrai aussi que j’ai beaucoup appris lors de cette CAN au contact des anciens. Ils nous racontent beaucoup de choses et sur le terrain, nous apprenons aussi beaucoup.

Avez-vous l’impression de vous être fait une vraie place au sein de cette équipe du Cameroun ?

Non, je ne peux pas dire ça car il faut attendre de voir la suite. Le Cameroun est une très grande équipe avec de très grands joueurs. Pour gagner sa place, ce n’est pas facile. Il faut bosser dur tous les jours pour y arriver. Et je vais continuer à le faire. Rien n’est prédéfini dans cette équipe, il n’y a pas de titulaires en tant que tels. C’est une grande fierté de défendre les couleurs de son pays. Quand on est appelé à le faire, on se doit de répondre à cet appel. C’est pour ça que je suis parti pour jouer cette CAN. Mon club m’a manqué, c’est sûr, mais je suis revenu. Et aujourd’hui, je fais tout pour aider le Celtic.

Comment expliquez-vous que le Celtic compte autant de points de retard (Ndlr : sept) sur son grand rival, les Rangers ?

Nous n’avons rien à leur envier. Mais même si nous avons fait de très bons matchs et que nous avons beaucoup d’opportunités, nous avons du mal à concrétiser nos occasions. Un peu comme avec le Cameroun, c’est surtout un problème de finition avant tout. Heureusement, ça va de mieux en mieux. Là, nous sommes dans la dernière ligne droite et nous allons faire le maximum pour grappiller notre retard sur les Rangers. De toute façon, nous savons que nous n’avons plus le droit à l’erreur. Nous avons sept points de retard mais c’est surmontable. Et les trois joueurs qui sont arrivés en renfort au Mercato vont vraiment apporter un plus à l’équipe.

Pourquoi aviez-vous choisi l’été dernier de quitter Nancy pour le Celtic ?

C’est surtout le prestige du club qui m’a attiré au Celtic. C’est vraiment un très gros club et j’ai pu m’en rendre compte. Je suis vraiment content d’être là et ça se passe bien. Maintenant, je n’oublie pas que je ne suis ici qu’en prêt, certes avec une option d’achat, mais je m’attache avant de savoir ce qui se passera en fin de saison à faire de bons matchs. En tout cas, j’aime beaucoup le football écossais. C’est un jeu physique où les joueurs vont toujours vers l’avant. Il n’y a pas cette tendance à faire mille passes avant de chercher les attaquants : ça va de suite vers l’avant. Sans perdre de temps. On joue vraiment pour marquer ici et c’est pour ça qu’il n’y a pas beaucoup de matchs nuls. Généralement, quand il y en a, c’est que les gardiens ont fait de très beaux arrêts.

Avez-vous l’impression d’être devenu un autre joueur depuis votre arrivée au Celtic ?

Oui car avant, je n’avais connu que Nancy. J’avais un peu peur de l’étranger et c’était compliqué. Mais maintenant, je suis prêt à partir n’importe où. Pour le moment, je me contente de faire de bons matchs dans l’optique de la Coupe du Monde et d’essayer à aider le Celtic à être champion. C’est seulement après que j’aviserai. Je me déciderai en avril ou mai. En attendant, je me focalise vraiment sur mon job et je ne pense pas spécialement à mon avenir. Si ça me plairait de rester au Celtic ? Oui car maintenant, j’ai vraiment envie de prendre du plaisir. J’ai envie de connaître de grands clubs et le Celtic en fait partie.

Etes-vous utilisé au Celtic comme vous l’étiez à Nancy ?

Oui, c’est à peu près pareil. Même si le coach me demande de ne pas trop monter. Nous jouons dans un schéma à deux milieux, en 4-4-2, donc il me demande de rester bien en place et de sécuriser l’équipe. Frustrant ? Non, pas tellement. Ailleurs, ça pourrait l’être mais ici, ça va d’un but à l’autre en permanence donc il y a toujours quelque chose à faire. Nous sommes toujours en action. Je n’ai pas le droit de monter vers l’autre but mais ça n’empêche pas que je sois toujours en train de jouer. Même si je ne monte pas, je participe beaucoup.

Avez-vous l’impression de rattraper le temps perdu par rapport à votre début de carrière qui n’a connu que Nancy ?

J’ai été formé à Nancy et j’ai passé tout mon début de carrière à Nancy mais je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps là-bas. D’ailleurs, j’appartiens toujours à Nancy aujourd’hui. Mais je ne cache pas que c’est une grande fierté de pouvoir défendre les couleurs d’un club comme le Celtic.

Vous aviez eu d’autres sollicitations par le passé avant que le Celtic ne vous contacte. Pourquoi n’y aviez-vous jamais donné suite ?

En fait, parfois, on a l’impression que l’on n’est pas encore prêt à partir, on doute. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé au début. J’avais des opportunités mais je n’étais pas prêt à bouger. Je n’étais pas sûr de moi. Cet été, je ne sais pas pourquoi, quand le Celtic s’est présenté, c’était tentant et j’ai eu envie de franchir le pas. Aujourd’hui, je n’ai plus cette peur de l’étranger. Je suis prêt à aller partout. Des préférences ? Oui, l’Angleterre et l’Espagne. Il y a d’autres championnats très attirants bien sûr, l’Allemagne en fait partie, mais j’ai vraiment envie de connaître la Premier League ou la Liga.