Contre le Celtic, personne ne se fait de cadeau, moi le premier !

Qui dit Glasgow dit les fameux Old Firm, les derbies entre les Rangers et le Celtic. Dans le championnat écossais, les matches se jouent en deux fois aller-retour, ce qui fait que le championnat donne lieu à quatre derbies par saison entre les deux clubs. Quatre derbies contre le même adversaire tue-t-il le derby ? « Pas du tout, surtout pour les supporters ! C’est exactement la même passion, que ce soit pour un ou pour dix matches. Rangers-Celtic est vraiment un derby pur et dur. Rien à voir avec les derbies en France. La rivalité entre les Rangers et le Celtic est d’abord d’ordre religieuse (les Rangers est le club des protestants et le Celtic celui des catholiques, ndlr). Ensuite, c’est vraiment dans la même ville. Le jour du match, au stade, c’est vraiment une formidable ambiance. Il faut absolument gagner le derby. On peut tout te pardonner, sauf perdre le derby. C’est comme Algérie-Egypte : tu gagnes contre l’Egypte et tu es tranquille pour toute la saison, quitte à perdre tous les autres matches (rire). »

« Contre le Celtic, personne ne se fait de cadeau, moi le premier ! » Trois des quatre Old Firm de la saison se sont déjà joués. Bougherra a participé à seulement à deux des trois, en ayant raté un à cause d’une blessure. Les choses se sont plutôt bien déroulées pour lui, à plus forte raison lorsqu’on sait que les deux rencontres ont eu lieu sur le terrain du Celtic. « Nous avons gagné le premier 2-4 et nous avons fait match nul 0-0 lors de l’autres match, qui s’est joué il y a trois semaines. J’ai été d’ailleurs élu homme du match. En première mi-temps, nous n’avions pas très bien joué, mais nous étions mieux en seconde période. Cela s’était bien passé, même s’il y avait beaucoup de pression. Le Celtic comptait deux points d’avance sur nous et c’était délicat pour les deux. S’ils gagnaient, ils nous distançaient, mais si nous gagnions, nous aurions repris la tête. Donc, il y avait beaucoup de calculs chez les deux équipes et personne n’a voulu prendre de risques. » Ce qui est certain, c’est que Celtic-Rangers n’est pas un match d’anges, car tout est bon pour gagner, même les coups bas. « Il y a des coups, il y a des contacts, personne ne se faisait de cadeau, moi le premier (rire). Moi, sur le terrain, je ne calcule personne ! S’il y a du respect, ils trouvent du respect, mais s’il y a des coups, ils en trouvent également. C’est vraiment un derby. »

« Des supporters du Celtic me disent : ‘Tu es un bon joueur’ » Cela est valable sur le terrain, mais une fois le match terminé, la sportivité reprend ses droits. Une sportivité qui va jusqu’à recevoir l’hommage des supporters adverses. « A chaque fois que je croise dans la rue des supporters du Celtic, surtout depuis le dernier 0-0 réussi sur leur terrain, on me manifeste beaucoup de respect. Ils me disent : « Tu es un bon joueur, tu as fait un bon match. » C’est ce qui est bien ici : le respect. Si tu es un bon joueur, le supporter d’en face te le dira quand même. C’est ce qui me fait plaisir : des supporters du Celtic me disent : « Je suis supporter du Celtic, mais tu es un bon joueur. » C’est vraiment très sympa. » C’est le fair-play très British qu’il ne trouvera certainement pas en France, assure-t-il. Fair-play, d’accord, mais pas au point de changer un jour de bord pour passer chez l’ennemi. « Moi, jouer un jour au Celtic ? Pas du tout. Déjà, par respect pour les supporters des Rangers, je ne ferais jamais ça. »

« Le football en Ecosse, c’est formidable ! »

En attendant, un Old Firm un peu particulier, la finale de la Ligue anglaise, attend Bougherra le 15 mars. Lui qui n’a encore jamais perdu contre le Celtic, il espère poursuivre la série avec, en cas de succès, le premier titre à son palmarès. « Ce qui est certain, c’est que j’adore le football écossais et l’état d’esprit qui y règne. Aux Rangers, les jeunes joueurs sont formidables car ils sont enthousiastes tout le temps et ils veulent réussir. »