Celtic contre Celtic à Yokohama

Niché au pied des Campsie Hills, dans le joli village de Lennoxtown, le centre d’entraînement du Celtic est un havre de tranquillité. Au pied des collines enneigées, Scott McDonald et Shunsuke Nakamura s’apprêtent à rentrer au chaud après la séance d’exercices du matin. Sous un soleil hivernal propice à la bonne humeur, l’attaquant australien et le milieu de terrain japonais des champions d’Ecosse échangent quelques mots, ponctués de rires. Sujet de la conversation ? Probablement le rendez-vous qui mettra aux prises les deux hommes, dans moins d’une semaine, à l’autre bout de la planète.

La rencontre en question n’est autre qu’un match de qualifications qui pourrait être déterminant, en Asie, dans la course à la prochaine Coupe du Monde de la FIFA. Le choc aura lieu à Yokohama, qui est non seulement la ville natale de Nakamura, mais également l’endroit où le meneur de jeu des Bhoys a fait ses premiers pas dans le football professionnel. C’était avec les Yokohama Marinos, qu’il a promis de rejoindre lorsqu’il quittera le Celtic.

McDonald est parfaitement conscient de la réputation de son coéquipier à Yokohama, ainsi que partout ailleurs dans le Japon du football. Car au Pays du Soleil levant, les connaisseurs de ballon rond savent bien que Nakamura est une pièce maîtresse dans le système de jeu des Samouraïs. A titre d’exemple, la récente et surprenante défaite de la sélection nipponne à Bahreïn a largement été attribuée à l’absence du numéro 25 du Celtic.

« Tous ceux qui connaissent le football ont un immense respect pour lui. Nous avons joué contre lui en Coupe du Monde et plus récemment en Coupe d’Asie, et nous savons tous quel danger il représente et à quel point il est important pour le Japon », Scott McDonald, au sujet de son coéquipier au Celtic, Shunsuke Nakamura.

A l’approche de la confrontation du 11 février prochain, c’est toutefois l’Australie qui occupe la tête du Groupe 1, avec trois victoires en autant de sorties. McDonald est résolument déterminé à tout mettre en œuvre pour conserver ce statut de leader, comme il l’explique à FIFA.com : « Un match nul ne serait pas un mauvais résultat, étant donné que nous avons deux points d’avance sur le Japon. Mais vous connaissez la mentalité australienne dès qu’il s’agit de sport : nous jouons pour gagner. Avec Naka, nous nous sommes pas mal taquinés à propos de ce match. Comme on s’entend très bien, ça finit toujours en rigolade.

Je lui ai dit que sur le terrain, il devra s’attendre à croiser mon chemin. De plus, j’ai donné quelques petits trucs à son sujet à tous mes coéquipiers. Ça ne servira peut-être à rien vu que tous ceux qui connaissent le football ont un immense respect pour lui. Nous avons joué contre lui en Coupe du Monde et plus récemment en Coupe d’Asie, et nous savons tous quel danger il représente et à quel point il est important pour le Japon. Il faudra donc se méfier de lui car il est redoutable, surtout du pied gauche. A nous de savoir le neutraliser ».

Quel que soit le résultat mercredi, la semaine prochaine sera bien remplie pour McDonald et Nakamura. A peine 72 heures après leur brève escapade à Yokohama, les deux hommes retrouveront le maillot cerclé de vert et de blanc pour affronter l’éternel rival, les Glasgow Rangers, qui en cas de victoire à Celtic Park délogeraient leur adversaire du jour du fauteuil de leader.

« Pour les deux pays, c’est un match très important. Ne pas se qualifier serait vécu comme une catastrophe au Japon. Je vais peut-être donner quelques tuyaux à nos défenseurs sur le style de jeu de McDonald, mais ça s’arrêtera là » : Nakamura attend de pied ferme l’Australie.

Cette perspective ne laisse bien sûr pas indifférent Nakamura, qui anticipe ainsi la visite de son coéquipier dans sa ville natale : « Pour les deux pays, c’est un match très important. Ne pas se qualifier pour la Coupe du Monde serait vécu comme une catastrophe au Japon. Pour autant, je ne vais pas m’amuser à tacler Scott de façon inconsidérée, car quelques jours plus tard nous recevons les Rangers. Nous aurons besoin de lui. Pour le match contre l’Australie, je vais peut-être donner quelques tuyaux à nos défenseurs sur son style de jeu, mais ça s’arrêtera là ».

Le style Mc Donald, Nakamura connaît bien. A son arrivée en provenance de Motherwell en 2007, le petit avant-centre n’a pas mis longtemps à trouver ses marques chez les Hoops. Meilleur buteur du championnat d’Ecosse pour sa première saison à Celtic Park, McDonald a eu plus de mal à s’imposer à la pointe de l’équipe d’Australie. A 25 ans, son escarcelle est toujours vierge de tout but en sélection.

Avec le Celtic en revanche, il s’est construit une réputation de buteur providentiel. Exemples : son coup de patte victorieux, à la 90e minute du match contre l’AC Milan, l’année dernière en Ligue des champions de l’UEFA ; son doublé, à l’occasion du succès 3:2 (quasiment synonyme de titre) la saison passée contre les Rangers ; ou encore son magnifique lob contre Manchester United, en phase de groupes de la présente Ligue des champions de l’UEFA.

« Dans les grands matches, je ne perds pas confiance, au contraire. J’ai toujours bon espoir d’inscrire le but qui fera la différence. Contre le Japon, ce sera justement un grand match. Je n’ai pas encore marqué avec l’Australie, mais je crois que le moment est venu », prévient McDonald en guise de conclusion.