Finale UEFA : Zénith Saint-Petersbourg – Glasgow Rangers

C’est devenu une habitude : la finale de la Coupe de l’UEFA oppose deux clubs que personne n’attendait là : les Glasgow Rangers, qui ne devraient pas être dépaysés à Manchester, et le Zénith Saint-Petersbourg, tombeur de l’archi-favori, le Bayern Munich. Pour l’un comme pour l’autre, ce peut être historique.

Le Zenith après le CSKA ?

Avec Manchester United et Chelsea en finale de la Ligue des champions et les Glasgow Rangers en finale de la Coupe de l’UEFA, à Manchester, dans l’enceinte de City, la fin de saison européenne récompense assurément le football britannique. Mais il aura un petit accent russe. L’oligarque et patron de Chelsea Roman Abramovitch sera le roi au stade Loujniki de Moscou le 21 mai, alors que le Zénith Saint-Petersbourg s’est invité au banquet de la Coupe de l’UEFA, pour la première finale européenne de son histoire. Les tombeurs de l’OM en huitièmes de finale (1-3, 2-0) seront confrontés aux Glasgow Rangers de Jean-Claude Darcheville et Daniel Cousin. Le Zénith deviendra peut-être la deuxième formation russe en trois ans à conquérir le Graal de la C3, après le triomphe du CSKA Moscou en 2005. Totalement inattendu, le champion de Russie va aborder cette rencontre comme la plus importante de la saison. « Puisqu’on a réussi à arriver jusqu’ici, il faut qu’on gagne la finale, annonce l’entraîneur Dick Advocaat. Pour moi, il est important de gagner. Rien d’autre ne compte. »

Les équipes probables

– ZENITH : Malafeev – Sirl (ou Ricksen), Krizanac, Shirokov, Anyukov (ou Fayzulin) – Tymoshchuk, Denisov (ou Gorshkov), Zyryanov, Dominguez (ou Radimov) – Arshavin, Tekke.

– GLASGOW RANGERS : Alexander – Broadfoot, Cuellar, Weir, Papac – Davis, Hemdani, Ferguson, Thomson, Whittaker – Darcheville.

Incroyable destin que celui de ce Zénith Saint-Petersbourg, arrivé sur la dernière marche d’une compétition qui pensait plutôt couronner une équipe comme le Bayern Munich, l’archi-favori. Mais c’était avant que l’ouragan russe ne fasse voler en éclats les certitudes bavaroises, notamment lors d’une demi-finale retour extrêmement bien maîtrisée (4-0). Les hommes de Dick Advocaat n’en étaient pas à leur coup d’essai : ils venaient de renverser Villarreal (1-2, 0-1), deuxième de la Liga, Marseille en huitièmes de finale puis les Allemands du Bayer Leverkusen (0-1, 4-1). Un parcours époustouflant symbolisé par un jeu rapide parfaitement orchestré par le milieu de terrain Andreï Arshavin et l’entraîneur Dick Advocaat, vieux routard aux idées aussi longues que son CV. « J’ai dit à mes joueurs qu’ils devaient jouer comme ils l’ont fait contre les deux clubs allemands. J’espère que nous saurons réitérer ce genre de performances. » L’exploit est en marche mais Advocaat devra composer une équipe sans son buteur vedette Pavel Pogrebnyak, meilleur buteur de la compétition (10 buts) à égalité avec Luca Toni.

Rangers : trente-six ans sans titre européen

Parachuté de la Ligue des champions et du groupe de Lyon, les Glasgow Rangers ont eux aussi l’occasion d’accomplir une saison de rêve. Le club écossais est en course pour un quadruplé. Il a déjà récolté la Coupe de la Ligue écossaise (2-2, 3-2 t.a.b. contre Dundee United), a son destin en main pour le titre et jouera le 24 mai la finale de la Coupe d’Ecosse contre Queen of the South, club de D2… Ça sent bon le carton plein. Pour y parvenir, sa défense est son meilleur atout. Elle n’a concédé que deux buts en huit matches européens. Et contrairement au Zénith, l’équipe de Walter Smith est peu prolifique avec seulement cinq buts inscrits face à de sérieux prétendants comme le Panathinaïkos, le Werder Brême, le Sporting Portugal et la Fiorentina. De ’’l’anti-football’’ pour ses adversaires. Mais le club protestant s’en moque, lui qui compte bien effacer trente-six ans sans trophée européen, sa dernière conquête datant de la Coupe des coupes 1972.

Les Rangers gagnent

Les Rangers se sont imposés sur le terrain de Saint-Johnston ce mardi dans le cadre d’un match en retard de la 20e journée (0-2).

Battus le week-end dernier par Dundee United à Ibrox (2-3), les Rangers n’ont pas mis longtemps à réagir. Ils ont été chercher les trois points de la victoire sur le terrain de Saint-Johnston ce mardi dans le cadre d’un match en retard de la 20e journée (0-2).

Laffery a ouvert le score à la 20e minute. Naismith a quant à lui doublé la mise à la 83e. Les Rangers reviennent à deux longueurs du Celtic, leader du classement.

Ce soir Celtic – Hibernian à 20h45 !

Rangers : Guerre de religion à Glasgow

La rivalité entre le Celtic et les Rangers est ancestrale puisque les hostilités ont débuté il y a 120 ans. Tout a commencé le 28 mai 1888, date du premier match entre les deux clubs de Glasgow. Le Celtic vient tout juste de voir le jour alors que le club des Rangers a été fondé 16 ans plus tôt. L’antagonisme est immédiat et a comme point de départ la première confrontation, remportée par le Celtic, qui, malgré ses fondations encore toutes fraîches, inflige une véritable correction à son aîné (5-2). A Glasgow, on se passionne vite pour ce derby, qui divise la ville. La religion est au centre de ce légendaire clivage. Le Celtic, association fondée par un moine irlandais afin de lutter contre la pauvreté de la communauté immigrée, est le club catholique de la ville. Plus bourgeois, les Rangers se réclament de la religion protestante. Chaque confrontation déchaîne les passions, rameute les foules au stade et les recettes aux guichets sont une belle manne financière. Le derby n’est d’ailleurs pas surnommé « Old Firm » pour rien.

Pendant un siècle, les Rangers se sont fait un honneur de ne pas recruter un joueur catholique. En 1976, la porte s’ouvre mais il faut attendre 13 ans pour que le pas soit véritablement franchi. L’international écossais Graeme Souness, qui a tout gagné avec Liverpool, essuie les plâtres. La politique de recrutement du Celtic est moins sectaire mais certains mouvements de joueurs entre les deux équipes sont l’objet de sérieux contentieux et tensions. Parmi les plus connus, le recrutement par les Rangers de l’ancien du Celtic Maurice Johnston. Les supporters s’étranglent et certains vont jusqu’à brûler leurs abonnements devant Ibrox, l’enceinte des Rangers… Ibrox, lieu de tragédie le jour de l’an 1966. Soixante-six personnes perdent la vie à cause d’un incroyable mouvement de foule lors de l’égalisation quasiment inespérée des Rangers (1-1) lors des ultimes secondes alors que le Celtic avait ouvert le score à la 88e minute… Leur hégémonie sur le championnat d’Ecosse est quasi exclusive. A eux deux, c’est 93 titres de champion : 51 pour les Rangers et 42 pour le Celtic.

Rangers FC

rangers

Le Rangers Football Club est un club écossais de football, fondé en 1873 à Glasgow.

Il représente historiquement les protestants de la ville. Il est par tradition politiquement loyaliste à la couronne d’Angleterre. Les Gers jouent dans la Scottish Premier League, compétition qu’ils ont remportée 51 fois. Ils évoluent au plus haut niveau du championnat d’Écosse de football depuis sa création en 1890.

Leur stade est l’Ibrox Stadium. Leurs terrains d’entraînement se trouvent au complexe de Murray Park.

Le Rangers FC et son éternel rival, le Celtic FC, sont de loin les deux plus grands clubs de football écossais. Les deux clubs se partagent la bagatelle de 91 titres de champion d’Écosse et de 64 coupes d’Écosse (51 titres et 31 coupes pour les Rangers).

Les 51 titres de champion d’Écosse des Rangers font d’eux l’équipe européenne la plus titrée en matière de championnats nationaux. Sur le plan continental, ils doivent pourtant se contenter de 3 finales de la Coupe des vainqueurs de coupes dont une gagnée en 1972. Ils sont pourtant le club britannique ayant évolué le plus de fois en compétitions européennes avec 46 participations (saison 2006-2007 incluse).

La dénomination exacte du club est Rangers FC même si il est plus connu en dehors de l’Écosse en tant que Glasgow Rangers.

Les joueurs les plus renommés hors des frontières britanniques ayant joué pour les Gers sont sans doute l’international anglais Paul Gascoigne (57 sélections) et l’international danois Brian Laudrup (75 sélections). Ils ont ensemble été les principaux artisans de deux victoires du Rangers FC en championnat, d’une victoire en coupe et d’une victoire en coupe de la ligue, réalisant le triplé historique en 1996. Laudrup a également remporté un autre championnat d’Écosse en 1995 avant l’arrivée de Gascoigne.

Les Rangers arrachent la finale UEFA

Après 210 minutes sans but, le Rangers FC a remporté une incroyable guerre des nerfs, aux tirs au but, chez l’ACF Fiorentina. Les Ecossais joueront la finale de la Coupe UEFA, le 14 mai, à Manchester, face au FC Zenit St Petersburg.

Pour le quadruplé

Dominateurs tout au long de la partie, les Italiens ont commis deux erreurs de trop dans la séance fatidique, avec les ratés de Fabio Liverani et Christian Vieri. Nacho Novo est lui le héros des Gers, qui restent en course pour un ahurissant quadruplé, après avoir remporté la Coupe de la League écossaise, en talonnant le Celtic FC en Championnat et en étant qualifié pour la finale de la Coupe d’Ecosse.

En arrière toute

Walter Smith l’avait annoncé, l’équipe écossaise venait chez le quatrième du championnat d’Italie avant tout pour défendre le 0-0 obtenu à l’aller à Ibrox. C’est réussi. La tactique avait été payante chez le Sporting Clube des Portugal, au tour précédent, elle l’est encore. C’est donc avec une arrière-garde renforcée et l’avant-centre Jean-Claude Darcheville en premier défenseur que les Ecossais colmataient avec métier toutes les brèches dont auraient pu profiter Adrian Mutu ou l’un de ses coéquipiers.

Florence domine

La Viola prenait des couleurs dans la seconde période, malgré la sortie prématurée de Marco Donadel (pied). Les Rangers reculaient d’un cran et les premières opportunités franches revenaient à Giampaolo Pazzini (52e minute, au-dessus), Tomáš Ujfaluši (reprise de volée hors cadre, 62e) et Pazzini, sur un coup franc de Mutu, relâché par Alexander. Carlos Cuellar, pour les Rangers, intervenait in extremis (70e).

Vieri tout près

Il fallait attendre la 77e minute pour voir intervenir Sébastien Frey. Le gardien français de la Fiorentina stoppait d’abord une tentative de Steven Davis, avant que ce dernier soit remplacé par Nacho Novo. Frey boxait ensuite un ballon de Steven Whittaker (85e). Entre-temps, Vieri avait aussi fait son apparition sur la pelouse et manquait de convertir son premier ballon en but, échouant à quelques centimètres de la ligne après un cafouillage (80e).

Cousin expulsé

Pas suffisant pour faire pencher la balance. Si bien qu’après 180 minutes sans but, la prolongation était inévitable. Seul événement de cette demi-heure, qui s’emballait singulièrement sur la fin avec des occasions des deux côtés, l’expulsion de Daniel Cousin à la 110e minute pour un deuxième carton jaune après un léger coup de tête sur Liverani.

Frey s’illustre, Vieri trop haut

Les tirs au but commençaient par un arrêt magistral de Sébastien Frey devant le capitaine des Rangers Barry Ferguson. Zdravko Kuzmanović et Whittaker faisaient décoller le score après environ 4 heures de jeu cumulé (1-1). Riccardo Montolivo et Saša Papac remplissaient eux aussi leur rôle (2-2), de même de Brahim Hemdani pour les Rangers. Mais au grand dam des fans toscans, ce n’était las le cas de Liverani (arrêt d’Alexander) ni de Vieri (au-dessus). Il restait alors à Novo à prendre Frey à contre-pied à ras de terre et les Rangers, vainqueur de la Coupe des vainqueurs de coupe européenne de l’UEFA 1971/72, accédaient à la finale.

Contre le Celtic, personne ne se fait de cadeau, moi le premier !

Qui dit Glasgow dit les fameux Old Firm, les derbies entre les Rangers et le Celtic. Dans le championnat écossais, les matches se jouent en deux fois aller-retour, ce qui fait que le championnat donne lieu à quatre derbies par saison entre les deux clubs. Quatre derbies contre le même adversaire tue-t-il le derby ? « Pas du tout, surtout pour les supporters ! C’est exactement la même passion, que ce soit pour un ou pour dix matches. Rangers-Celtic est vraiment un derby pur et dur. Rien à voir avec les derbies en France. La rivalité entre les Rangers et le Celtic est d’abord d’ordre religieuse (les Rangers est le club des protestants et le Celtic celui des catholiques, ndlr). Ensuite, c’est vraiment dans la même ville. Le jour du match, au stade, c’est vraiment une formidable ambiance. Il faut absolument gagner le derby. On peut tout te pardonner, sauf perdre le derby. C’est comme Algérie-Egypte : tu gagnes contre l’Egypte et tu es tranquille pour toute la saison, quitte à perdre tous les autres matches (rire). »

« Contre le Celtic, personne ne se fait de cadeau, moi le premier ! » Trois des quatre Old Firm de la saison se sont déjà joués. Bougherra a participé à seulement à deux des trois, en ayant raté un à cause d’une blessure. Les choses se sont plutôt bien déroulées pour lui, à plus forte raison lorsqu’on sait que les deux rencontres ont eu lieu sur le terrain du Celtic. « Nous avons gagné le premier 2-4 et nous avons fait match nul 0-0 lors de l’autres match, qui s’est joué il y a trois semaines. J’ai été d’ailleurs élu homme du match. En première mi-temps, nous n’avions pas très bien joué, mais nous étions mieux en seconde période. Cela s’était bien passé, même s’il y avait beaucoup de pression. Le Celtic comptait deux points d’avance sur nous et c’était délicat pour les deux. S’ils gagnaient, ils nous distançaient, mais si nous gagnions, nous aurions repris la tête. Donc, il y avait beaucoup de calculs chez les deux équipes et personne n’a voulu prendre de risques. » Ce qui est certain, c’est que Celtic-Rangers n’est pas un match d’anges, car tout est bon pour gagner, même les coups bas. « Il y a des coups, il y a des contacts, personne ne se faisait de cadeau, moi le premier (rire). Moi, sur le terrain, je ne calcule personne ! S’il y a du respect, ils trouvent du respect, mais s’il y a des coups, ils en trouvent également. C’est vraiment un derby. »

« Des supporters du Celtic me disent : ‘Tu es un bon joueur’ » Cela est valable sur le terrain, mais une fois le match terminé, la sportivité reprend ses droits. Une sportivité qui va jusqu’à recevoir l’hommage des supporters adverses. « A chaque fois que je croise dans la rue des supporters du Celtic, surtout depuis le dernier 0-0 réussi sur leur terrain, on me manifeste beaucoup de respect. Ils me disent : « Tu es un bon joueur, tu as fait un bon match. » C’est ce qui est bien ici : le respect. Si tu es un bon joueur, le supporter d’en face te le dira quand même. C’est ce qui me fait plaisir : des supporters du Celtic me disent : « Je suis supporter du Celtic, mais tu es un bon joueur. » C’est vraiment très sympa. » C’est le fair-play très British qu’il ne trouvera certainement pas en France, assure-t-il. Fair-play, d’accord, mais pas au point de changer un jour de bord pour passer chez l’ennemi. « Moi, jouer un jour au Celtic ? Pas du tout. Déjà, par respect pour les supporters des Rangers, je ne ferais jamais ça. »

« Le football en Ecosse, c’est formidable ! »

En attendant, un Old Firm un peu particulier, la finale de la Ligue anglaise, attend Bougherra le 15 mars. Lui qui n’a encore jamais perdu contre le Celtic, il espère poursuivre la série avec, en cas de succès, le premier titre à son palmarès. « Ce qui est certain, c’est que j’adore le football écossais et l’état d’esprit qui y règne. Aux Rangers, les jeunes joueurs sont formidables car ils sont enthousiastes tout le temps et ils veulent réussir. »

El Hadji Diouf veut redorer son image : la bonne blague !

L’enfant terrible du football sénégalais ne changera sans doute jamais. A 30 ans, El Hadji Diouf continue à faire parler de lui pour ses frasques sur et en dehors du terrain. Incorrigible, l’ancien Lensois à la réputation sulfureuse ne veut plus de cette image.

Partout où il passe, la controverse le suit. De Lens aux Rangers en passant par Bolton et Blackburn, El Hadji Diouf traîne une réputation sulfureuse. Mais l’attaquant sénégalais se défend d’être le bad boy que les médias décrivent : « Je n’ai tué personne ».

Pour la moitié verte de la ville de Glasgow, Diouf est le mal incarné. Il faut dire qu’après son altercation avec Neil Lennon, l’entraîneur du Celtic, lors du dernier Old Firm (3-0), le Sénégalais ne sait pas fait que des amis. Tant pis, l’attaquant de 30 ans aime qu’on parle de lui. Et il a remis le couvert lors de la Scottish Cup (1-0). Interrogé par Four Four Two, l’ancien Sang et Or s’est défendu : « Je n’ai tué personne, je ne suis jamais allé en prison. Vous ne pouvez pas juger quelqu’un sur la taille de sa voiture ou comment il s’habille. Vous jugez quelqu’un sur ce que vous savez. Si vous ne connaissez pas cette personne, c’est simple : ne le jugez pas. Les gens pensent qu’ils me connaissent parce que je suis footballeur. Mais si je ne l’étais pas, je serais juste un type normal, travaillant dans un restaurant ou dans une gare. Et personne ne parlerait de moi. J’ai une grande gueule mais cela ne fait pas moi un homme mauvais. »

« C’est du passé »

En neuf saisons en Angleterre, il a collectionné les cartons (68 jaunes, 4 rouges) et les mauvais gestes : crachats sur des supporters du Celtic (2003) et de Middlesbrough (2004), sur un joueur de Portsmouth (2004), bagarres avec un coéquipier à Sunderland puis à Blackburn (2009), insultes à l’encontre d’un jeune ramasseur de balle, frasques extra-conjugales… Mais Diouf l’homme public et Diouf l’homme privé sont deux personnes différentes. Le « rat d’égout » de Neil Warnock, le boss de QPR, n’est pas ce démon que certains peuvent s’imaginer. « Je suis un bon gars, quelqu’un d’ouvert. Souvent, quand les gens me croisent à l’aéroport ou ailleurs, discutent avec moi, ils sont surpris et changent d’avis sur moi. C’est important pour moi, l’image que les gens ont de moi. Ceux qui me connaissent et la personne que je suis m’aiment. Il savent que j’aime faire des blagues et rendre les gens heureux. Je suis comme ça. Le voilà, le vrai El Hadji Diouf. Les gens qui parlent de moi ne me connaissent pas. Mais peu importe. Ma famille vient en premier. Les gens disent ce qu’ils veulent mais je suis quelqu’un de proche des miens et je ferais tout pour mes enfants. »

Dans le journal anglais, l’attaquant de 30 ans tente de se refaire une image. « Lors d’un déplacement à Aston Villa (avec Blackburn, NDLR), il y avait un mariage et un des invités voulait prendre une photo avec moi. Il s’est tourné vers Jason Roberts : « Tu peux demander à El Hadji Diouf si il veut bien ? » Il parlait à tout le monde sauf à moi. Je ne sais pas pourquoi. C’est marrant mais c’est la vie. Je lui ai dit de ne pas écouter ce que disent les médias. Viens me parler, je suis gentil. » Des regrets ? Il faut passer à autre chose. C’est passé. Je me suis déjà excusé pour ce qu’il s’est passé avec le Celtic. J’ai fait des choses dans ma vie, certaines que je regrette. Je suis plus adulte. Je ne dis pas que je suis un homme nouveau mais j’ai été jeune et j’ai fait pas mal de choses que je ne referais pas. »

Interview exclusive Jérôme Rothen

Jérôme Rothen aurait pu être champion de France. Jérôme Rothen aurait pu être champion d’Europe. Jérôme Rothen aurait pu jouer à Chelsea. Mais Jérôme a choisi Paris, une Coupe de la Ligue et une Coupe de France à la clé. Aujourd’hui, Jérôme joue à Ankara et se raconte comme jamais : son épopée écossaise, sa vision du PSG 2009/10 et son passé d’international. Interview exclusive en trois parties.

Comment tu as atterri à Ankaragucu ?

Je n’aurais pas résilié mon prêt à Glasgow si j’avais pas été sûr d’avoir quelque chose. Le mercato d’hiver, on sait tous que c’est toujours un peu compliqué, d’une part parce que j’ai un certain statut, un certain salaire, et ensuite parce que tu intéresses forcément des clubs qui sont mal classés, qui ont besoin de se renforcer pour bien finir la saison. Donc j’avais des contacts avec la Grèce, on m’a aussi parlé de la Turquie, moi très honnêtement, le club, je ne le connaissais pas, après le fait que Roger Lemerre venait d’être nommé coach, bon, ça m’a rassuré, là je me dis que ça peut être un truc pas mal, je me renseigne un peu de mon côté, j’ai vu le recrutement qu’ils voulaient faire, ils venaient de prendre Geremi, l’ancien du Real et de Chelsea, donc j’ai bien compris que le club avait vraiment envie de sortir de cette mauvaise zone. Tout de suite ils ont voulu mettre une option sur moi, j’ai dit attendez, moi je veux d’abord voir comment ça se passe, on fait les quatre mois et après, on voit si vous êtes contents et que moi je suis content eh bien pourquoi pas tout en sachant qu’il me reste un an à Paris après. Financièrement, y a pas eu de problèmes, c’était intéressant, et sportivement, avec l’équipe qui se montait, je me suis dit que c’était un beau challenge. Je sais que c’est un club historique ici, un club populaire, avec beaucoup de supporters, c’est des fanatiques ici. Mais bon avant de signer ici, fallait que je règle mes affaires avec les Rangers parce qu’eux, ils me l’ont bien fait à l’envers.

Comment ça ils te l’ont fait à l’envers ?

Bah en fait le prêt s’est réalisé le dernier jour parce que ça avait capoté avec Schalke alors que tout était ficelé avec le club. Ils devaient vendre Rafinha au Bayern pour 15 millions qu’ils comptaient réinvestir sur moi mais bon… Et du coup tu te retrouves le dernier jour du marché, tu as demandé à partir parce qu’avec Paris ça n’allait plus, Paris me dit si tu restes, ce sera la CFA, bon moi j’aurais pu dire bah voilà, je reste, je jouerai en CFA et je prends mon salaire tous les mois mais je voulais encore vivre des sensations, les Rangers, tu te dis c’est la Champion’s League, ils vont viser le titre même si c’est un championnat mineur, j’entends leur discours qui est positif et je me dis j’y vais. Mais ça n’a pas du tout correspondu avec ce qu’ils m’ont fait vivre.

C’est à dire ?

Ils te disent, nous, on veut prendre un mec à gauche, donc un mec comme toi avec ton expérience, ça va nous ficeler le côté gauche nickel, c’est au-delà de nos espérances. Les premiers matchs, je les joue à droite, bon. Un match, deux matchs, je fais un bon match en Champion’s League à Stuttgart, tu te dis que ça peut surprendre l’adversaire mais une fois, après moi je ne suis pas Lionel Messi, je ne suis pas un dribbleur, je suis un passeur, quand tu te retrouves sur ton pied droit bah… j’ai pas le pied droit de David Beckham donc c’est compliqué. Mais bon je fais mes matchs, je crois que j’en joue un seul côté gauche en championnat au bout du premier mois, contre Aberdeen et je suis élu homme du match. Le match d’après, le coach me remet à droite, en Champion’s League et on prend 4 à 1 contre les Roumains où je suis encore élu homme du match mais bon je suis réaliste, je sais que si on prend 4-1, j’ai ma part de responsabilité mais bon, je donne la balle de but, je suis à l’origine du pénalty qu’on rate derrière, enfin bref après ce match-là, c’est simple, je n’ai plus jamais joué. En fait c’est clair, il m’a écarté sans rien me dire. Moi je me suis dit, je ne vais pas ouvrir ma gueule là-bas, je me dis que c’est pas un choix sportif, c’est pas possible, l’entraineur veut peut-être me faire reposer un peu, puis trois matchs sans jouer bon je me pose des questions et là quatrième match, c’est de nouveau la Champion’s League, j’avais joué les trois premiers matchs de la compétition, les 90 minutes, je me dis bah il va me remettre, il ne me met pas et il fait jouer un jeune de 18 ans à ma place, et en plus à gauche. Donc là je me dis, y a un réel problème. Pour te rendre compte, j’allais même pas m’échauffer, je restais sur le banc, y avait moi et le deuxième gardien. Je me pose des questions, je me dit j’ai rien dit dans la presse, à l’entrainement je me donne à fond, j’ai rien dit aux autres joueurs et de toute façon avec mon anglais je pouvais pas dire grand chose, j’ai joué une dizaine de matchs où j’ai été élu 4 fois homme du match, je pense avoir montré des choses, après bien sûr je suis d’accord, homme du match y a à prendre et à laisser.

Du coup tu vas voir le coach ?

Voilà, exactement, je demande à lui parler. Écoutez je ne comprends rien, personne ne me dit rien, je ne suis pas là pour ne pas jouer, et en plus j’aimerais bien jouer à mon poste. Et là il me dit écoute je sais, c’est pas évident pour ton adaptation, mais aujourd’hui j’ai besoin de plus de mobilité sur le terrain, j’avais besoin de changer des choses, je lui dis oui mais il n’y a que moi qui ait changé, regardez les stats, je veux bien accepter des choses mais là je ne suis pas d’accord avec vous. Il me dit non mais c’est mon choix, si ça te plait pas, moi je ne ferme pas la porte au mercato d’hiver, il me dit ça, on est fin octobre, ça ne fait que deux mois que j’y suis. Je lui dis mais si vous voulez que je parte au mercato d’hiver, il faut aussi que je joue, le mercato c’est dans deux mois, si je ne joue pas, ça va être compliqué pour moi comme pour vous. Le week-end arrive, on joue les derniers, y a une hécatombe, y a plein de malades, plein de blessés, y a huit absents, donc je me dis tant mieux, je vais jouer, je vais enfin profiter, et là il me fait un coup… il met le jeune de 18 ans à droite, il met l’Américain Beasley qui n’avait plus joué depuis un an, à gauche, il ramène des jeunes qui ne s’étaient jamais entrainés avec nous avant et il me met sur le banc. Donc sur le banc, t’as que des jeunes, le deuxième gardien et moi, des gamins de 17 ans, moi je faisais la nounou. Le match il est bidon, nous on est bidon, et avant la mi-temps, le milieu gauche qui se pète ! Là je me dis que si c’est pas maintenant, ce sera jamais, eh bah non, il fait remonter l’arrière droit en milieu droit et il met le milieu droit à gauche… Suite à ce match-là, il y avait la trêve internationale avec les matchs de barrages tu sais, le France Irlande, donc le match se termine, j’étais énervé, le coach vient me voir et me donne le programme des jours à venir, on avait notre fin de semaine de libre donc je me dis que je vais rentrer à Paris, puis je reviendrai pour jouer le match amical pour ceux qui n’avaient pas joué, et donc là, il me tend la feuille et il me dit, pour toi, c’est 10 jours de repos ! Je lui dis mais ça fait 6 matchs que je ne joue pas et vous me donnez 10 jours de repos ??? J’ai pas besoin de repos ! En fait il y avait le repos pour le capitaine David Weir qui a 40 ans et moi ! Tous les autres, ils avaient entrainement.

Mais pourquoi t’avoir fait venir ?

C’est bien ce que j’ai demandé au président, il parle français là David Dean, je lui dis, je comprends pas, on me fait pas jouer, on me donne des fausses excuses, si j’avais été nul, je comprendrais mais c’est pas le cas, il me dit non mais si tu trouves un club, ce serait mieux pour tout le monde que tu t’en ailles.

Aujourd’hui tu ne connais toujours pas les raisons de cette histoire ?

J’ai creusé un peu de mon côté, je sais qu’ils ont une grosse dette, ils ont voulu faire des économies, moi je leur rapporte rien vu que je suis en prêt et qu’ils ne vont pas pouvoir me vendre en fin d’année, ils se sont dit avec le salaire qu’il a, si on peut le faire dégager au mercato, on économisera au moins six mois. Ils ont dégagé Pedro Mendes qui est parti au Sporting, qui était quand même capitaine en début d’année quand je suis arrivé, Bouga, ils ont aussi voulu le faire partir mais il n’a pas accepté, il a dit qu’il ne partirait qu’au mois de juin, donc voilà à mon avis c’est un problème financier puisque de toute façon, y a rien eu d’autre. Si ça s’était passé il y a 4 ans par exemple, j’aurais pas attendu 6 matchs hein, au bout de deux, je lui disais ses 4 vérités au coach. Là j’ai fermé ma gueule, je me suis dit, vas pas faire une affaire là-bas, on va encore dire que t’es ingérable. En, France les gens se posaient des questions, mais pourquoi il ne joue pas, il a dû foutre le bordel, bon moi j’ai laissé dire, aux Rangers, ils ne pourront pas dire Rothen, il a foutu la merde, Rothen il est parti et heureusement que j’ai trouvé quelque chose sinon je passais encore 6 mois à faire banquette. Et puis le niveau de jeu en Écosse, c’est des rythmes de National, j’ai été surpris franchement, attends tu joues contres des défenseurs, ils ont du bide…

On dit souvent que les suporters turcs sont particulièrement chauds…

Ah ouais, ici, quand tu gagnes ils te le font ressentir, bon même quand tu perds ceci dit… Moi maintenant ils commencent à me connaître donc ils viennent me taper sur l’épaule, m’encourager. Moi je suis content parce que, c’est Umit l’entraineur adjoint qui me racontait ça, ici, les fans sont souvent durs avec les étrangers, et de moi ils sont contents, j’ai déjà ma chanson quand je joue.